Recrutement de militaires au profit de la gendarmerie nationale : La croix et la bannière pour les postulants à Bobo-Dioulasso

La devanture de la Gendarmerie Camp Kuinima de Bobo, 2e Région de Gendarmerie, fourmille de monde depuis le 16 novembre 2022 en raison du dépôt des dossiers pour le recrutement de 1400 militaires du rang pour servir la Gendarmerie Nationale. Des candidats venus de divers horizons, filles comme garçons y ont élu domicile depuis près de deux semaines maintenant. Objectif, déposer leur dossier de candidature pour ledit recrutement. Nous étions également sur les lieux le 30 novembre 2022 pour constater de visu ‘’la galère’’ des candidats.

Il est 11 heures environs quand nous arrivons devant la Gendarmerie Camp Kuinima. En face de nous, un regroupement de plus de 300 personnes. Tous là à première vue pour candidater au recrutement de 1400 militaires du rang pour servir à la Gendarmerie Nationale. Nos doutes se dissipent après avoir pris langue avec quelques personnes trouvées sur les lieux. Le monde qu’on voit est effectivement présent pour le dépôt de dossiers. Cela fait quasiment deux semaines que certains d’entre eux tentent de le faire, sans succès. Dès lors la fatigue, la faim, le stress et la colère se font sentir. Mais pas question d’abandonner. Sous le soleil, sueur sur le front, ils sont en file indienne attendant chacun son tour de passage devant l’agent chargé de réceptionner les dossiers. Ceux qui ne tiennent plus, se retranchent à l’ombre des arbres où un caillou ou leur moto leur sert de tabouret. Pendant ce temps, des gendarmes, bâtons en mains tentent d’intimider les ‘’fouteurs de troubles’’ qui veulent s’insérer ‘’frauduleusement’’ dans le rang. C’est en ce moment qu’on entend les ‘’chef pardon’’ par ci et les ‘’reculez’’ par-là.

Des jeunes venus de divers horizons

Ce dépôt de dossiers qui semble être fatiguant pour ces jeunes de manière générale, l’est encore plus pour ceux qui sont venus d’ailleurs. Vincent Malo, est élève et vient de Founzan, localité située à 118 km de Bobo-Dioulasso. Il soutient que « nous sommes ici depuis le 23 novembre 2022. Nous n’avons nulle part où aller, car on ne connait personne. Donc on est obligé de dormir ici.  Avec toute cette fatigue et ce monde, on n’arrive même pas à faire le rang, n’en parlons pas de déposer ». Les témoignages sont presque identiques. Avec la peur se lisant au visage, certains refusent de parler mais laissaient entendre « lourdeurs administratives ». D’autres se plaignent qu’« il y a du favoritisme dans leur affaire. Nous qui n’avons personne ici, on est là depuis des jours alors que d’autres viennent nous trouver, rentrent déposer et partent nous laisser. Souvent même, ce sont des gendarmes qui les remorquent sur leur moto et les amènent à l’intérieur pour qu’ils puissent déposer ».

« Le délai donné est court compte tenu des documents demandés »

Les postulants jugent que le délai pour le dépôt des dossiers est court au regard des dossiers à fournir. « Les documents demandés sont aux nombres de 08 et on ne peut pas les avoir sur le champ, surtout les casiers judiciaires », explique Hamidou Zongo, électricien. « Ces dossiers sont entre autres la nationalité, le casier judiciaire, le diplôme du BEPC ou du CAP, la visite et contre visite, la CNIB, une demande, un CV et un extrait d’acte de naissance », ajoute-t-il.

L’ambiance devient tendue aux environs de 12heures.  Découragés de ne pas avoir pu déposer leurs dossiers, certains regagnaient leur domicile, vélo en main poussant délibérément. Espérant qu’il y ait une autre session pour ceux qui n’ont pas pu déposer. Car rappelons que nous sommes au dernier jour de dépôt des dossiers. Pour le moment aucune prolongation du délai pour les dépôts.

Fatimata TRAORE

 Ousmane ZANTE / Stagiaires

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