Réhabilitation de la route Bobo-Orodara : « Nous mettons les bouchées doubles pour accélérer le rythme des travaux»

Les travaux de réhabilitation de la route nationale n°8, sur le tronçon Bobo-Dioulasso-Orodara, longue de 76 Km, ont débuté, au bonheur de la population riveraine en particulier et de tous les Burkinabè en général. Une équipe de L’Express du Faso a fait le constat, ce 10 octobre 2023.

Le début des travaux de réhabilitation de la route Bobo-Dioulasso-Orodara représente le ‘‘début’’ de l’aboutissement de la lutte de plusieurs acteurs de la société civile, des riverains et des forces vives de la région des Hauts-Bassins notamment. Ces derniers, face à l’état de dégradation avancé de cette voie, ont plusieurs fois plaidé pour sa réhabilitation. Aujourd’hui, les travaux ont commencé. On fait facilement le constat dès les premiers kilomètres sur la RN8, côté Sud de l’aéroport international de Bobo-Dioulasso. Sous un soleil ardent, il est 14h environ, quand nous nous lançons sur cette voie et là-bas, nous remarquons effectivement que des travaux d’élargissement de la chaussée ont débuté. Mais dans les parages, aucun engin de bitumage des routes. Nous comprendrons plus tard pourquoi. Nous continuons notre excursion jusqu’à la sortie de la ville, 100 mètres après le péage. De loin, à travers une fine nappe de poussière, nous apercevons les premiers bulldozers à la tâche. Au fur et à mesure qu’on s’approche, on les entend vrombir.

La saison des pluies n’a pas facilité les travaux

Les premiers travaux ont débuté au mois de juin de l’année en cours, selon Ardjouma Soma, coordonnateur technique du projet au compte de l’entreprise commise à la tâche. Mais compte tenu de la saison des pluies, il y avait des difficultés à avancer dans les travaux puisque quand il pleut, « on ne peut pas faire de compactage », ajoute-t-il. « C’est ainsi que nous mettons actuellement les bouchées doubles pour accélérer le rythme des travaux, car la saison des pluies tire à sa fin », à l’entendre. Et c’est à cause d’une pluie qui s’est abattue sur la ville quelques jours avant notre arrivée sur les lieux, que les bulldozers ont été déplacés de la zone de l’aéroport, à cause de l’eau, au niveau du péage à la sortie et du village de Koumi, nous confie un autre agent sur place.

« Il s’agit présentement de recycler la chaussée existante »

Dans le processus de réhabilitation de la route Bobo-Orodara, les travaux sont à l’étape de recyclage de la chaussée, à en croire Ardjouma Soma. « Il s’agit présentement de recycler la chaussée existante. Parce que dans le principe, c’est un renforcement de la structure de la chaussée avec des travaux d’élargissement pour que la voie respecte les normes UEMOA », précise-t-il. Il y a des zones où les travaux d’élargissement sont terminés et c’est là que débutent le recyclage de la chaussée, selon notre constat sur le terrain. Plus précisément, il faut « recycler la couche de base existante que nous allons améliorer au ciment avec un dosage de 2,5%. Après l’amélioration au ciment, nous allons poser la géogrille de protection. C’est une grille de fibre de verre pour empêcher la remontée des fissures. Parce que, quand on pose le ciment et qu’on ne protège pas, il y a des fissures qui peuvent apparaître », selon notre interlocuteur. Ce dernier continue de nous édifier en disant que c’est après cette étape que la grave-bitume sera posée. La grave-bitume qui est une grave enrobée de bitume, de 3 à 4 %. Plus tard, le revêtement en BBME (béton bitumineux à module élevé), sera lui aussi posé. Pour cette route, la traversée de la ville de Bobo sera en deux fois deux voies sur environ cinq kilomètres. De l’intersection de l’aéroport (rond-point Thomas Sankara), jusqu’à la sortie de la ville. Après, nous avons un profil en travers rase campagne qui fait 10,20 mètres de plate-forme et de 7,20 mètres de chaussée.

Une modification du projet initial

Les choses n’étaient pas prévues comme ce qui s’exécute actuellement sur la RN8, soutient Ardjouma Soma. Il dit que la route devrait juste être réhabilitée de façon sommaire. Mais l’ors d’une visite des autorités, ces dernières ont estimé qu’avec cette méthode, la route ne fera pas long-feu, au regard du trafic sur la voie en question. « On a décidé de faire des modifications au projet initial pour faire une bonne route qui réponde aux normes avec une bonne résistance de la structure des chaussées ».

« Avec la modification de la structure de la chaussée, dans le principe si nous devons atteindre la commune de Orodara, le budget initial allait être multiplié par trois quasiment. Il a donc été décidé de faire un avenant, en restant dans le montant du marché initial et de voir le linéaire qui peut être fait. Avec ces réajustements, le montant actuel permet de travailler jusqu’au PK21+500, à l’entrée de la commune de Moami. Cela veut dire qu’il y a une modification administrative par voie d’avenant qui est en cours pour ramener le linéaire à 21,5km. La mobilisation des ressources, selon les informations qu’on a reçues, est en cours pour pouvoir formaliser autre contrat pour qu’on puisse continuer en faisant correctement la route », explique Ardjouma Soma. Quoi qu’il en soit, les populations ont le regard fixé sur les travaux en cours sur la RN8 et sont impatientes de voir ce nouveau bitume s’étaler fièrement pour faciliter leur déplacement. Notons que la réalisation de ce projet, d’un coût de 12 milliards FCFA, a un délai d’exécution de 18 mois hors saison des pluies.

Abdoul-Karim Etienne SANON

Aymeric KANI

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