Relance cotonnière à Karangasso-Vigué :le DG de la SOFITEX exhorte les producteurs à retourner à la production cotonnière

Le Directeur général de la SOFITEX, Bienvenu Paré, a effectué une visite terrain ce vendredi 30 mai 2025 à Karangasso-Vigué, dans la région cotonnière de Bobo-Dioulasso, pour marquer une étape importante dans les efforts de relance de la filière cotonnière dans la zone. Une démarche à la fois symbolique et stratégique, marquée par des rencontres avec les autorités coutumières et les producteurs.

 

La première étape de la visite du Directeur général s’est voulue empreinte de respect et d’ancrage culturel. Bienvenue Paré s’est rendu auprès du chef du village puis chez le chef de canton de Karangasso-Vigué pour solliciter leurs bénédictions et leur accompagnement dans le processus de relance de la culture du coton. « Nous savons que rien de durable ne se construit sans l’adhésion et la bénédiction des gardiens de la tradition », a déclaré le DG Paré. Ce geste, fort en symbole selon lui, vise à rétablir un lien de confiance et de coopération avec les communautés locales, souvent ébranlées par les difficultés que traverse le secteur cotonnier ces dernières années.

Écouter les producteurs, comprendre les réalités

Poursuivant sa mission, le DG de la SOFITEX a rencontré des producteurs locaux pour un échange direct et sans filtre. Les discussions ont porté sur les défis rencontrés ces dernières campagnes agricoles, notamment les aléas climatiques, les problèmes liés à l’approvisionnement en intrants et les retards dans le paiement des récoltes. Les producteurs ont exprimé leurs inquiétudes mais aussi leur espoir de voir la filière redémarrer sous de meilleurs auspices. « Notre engagement reste intact, mais nous avons besoin d’un accompagnement plus structuré », a insisté le représentant des producteurs durant les échanges. Le DG Bienvenu Paré accompagné du Président de l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina (UNPCB), Mikiebo N’Kambi, de Jonas Bayoulou ancien DG de la SOFITEX et de Karim Traoré ancien Président de l’UNPCB, a rassuré sur les nouvelles dispositions prises par la SOFITEX, notamment l’amélioration de la distribution des intrants, le renforcement de l’encadrement technique et la volonté renouvelée de collaboration avec les producteurs à la base. Il a insisté sur l’importance du dialogue et de la responsabilité partagée pour réussir le pari de la relance.

Une coopérative modèle sur 10 hectares

Point d’orgue de la visite, une descente dans un champ de 10 hectares exploité par la Société coopérative simplifiée des oléagineux de Bobo, qui s’engage désormais dans la culture du coton. Cette diversification des activités témoigne de la volonté des acteurs locaux d’explorer de nouvelles pistes pour relancer l’économie agricole dans la zone. Pour le DG de la SOFITEX, cette initiative est un signal fort. « C’est une belle illustration de la synergie que nous voulons promouvoir entre différents segments du monde agricole », a-t-il souligné. Les membres de la coopérative ont exprimé leur détermination à réussir cette initiative qui vise à contribuer à la relance de la filière. “ Nous allons produire 10 hectares de coton cette année. En tant que transformateurs de la graine de coton en huile alimentaire, il est de notre devoir de produire aussi ce que nous transformons. Nous avons approché la SOFITEX qui a décidé de nous accompagner. Nous sommes fiers être comptés aujourd’hui parmi les producteurs de coton”, nous confie Tiemoko Ouattara, représentant de la coopérative. À travers cette visite, la SOFITEX affiche sa volonté de renouer un partenariat fort avec les producteurs, fondé sur le respect mutuel, l’écoute et la coopération. La relance de la production cotonnière à Karangasso-Vigué s’annonce comme un défi ambitieux, mais réalisable, si les promesses sont tenues et les engagements respectés. A noter que Karangasso Vigué était le premier département en matière de production cotonnière avec plus de 23 000 tonnes. Pour cette campagne cotonnière 2025-2026, il est attendu du département 6 000 tonnes de coton. Le message est donc clair, le coton doit redevenir un moteur économique pour la région, à condition d’y mettre les moyens, la volonté et surtout l’unité.

Aymeric KANI