Rencontre avec… : Guy Roland Traoré, spécialiste de la photographie des insectes

Guy Roland Traoré, responsable de Fingers Photo, une structure spécialisée dans la photographie des insectes a rendu visite à L’Express du Faso, lundi 7 décembre 2020. Dans l’entretien ci-dessous, il parle de sa structure et ses projets innovateurs dans le domaine de la photographie des insectes.

 

Que devons-nous entendre par Fingers Photo ?

Fingers Photo est une structure de photographie créée depuis 1996. A la base c’est une structure faisant la photographie généralisée, c’est-à-dire la photographie de cérémonies de tout genre. Depuis 2006, nous nous sommes spécialisés dans une nouvelle forme de photographie ; la photographie des insectes. Cela n’empêche pas la poursuite de nos activités ordinaires, nos activités de base.

 

Quelles sont les activités que vous avez menées depuis que vous avez donné cette nouvelle orientation à votre structure ?

Depuis 2006 nous avons travaillé dans l’ombre durant huit ans pour produire des fichés photographiques d’insectes. Et depuis 2014, nous faisons des expositions photographiques d’insectes à travers le pays. Nous en avons fait à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso et à Koudougou. Nous ne cessons de redynamiser nos activités en donnant de la performance à nos œuvres existantes et aussi en en créant des œuvres artistiques sur les insectes.

Guy Roland TRAORE, responsable de Fingers Photo

Les expositions que nous faisons sont interpellatrices sur la protection des insectes ; du fait de l’importance des rôles que jouent les insectes dans l’écosystème.

 

Avec la nouvelle orientation que vous avez donnée à votre structure, quelles sont les difficultés rencontrées ?

Nos difficultés sont surtout liées au manque d’outils de travail performants et adéquats. Comme un adage le dit : « A défaut de la maman on tète la grande mère ». Nous travaillons avec nos moyens de bord, ce qui n’est pas du tout facile.  Le déplacement pour aller à la recherche des insectes est aussi un problème majeur pour nous. La recherche proprement dite des insectes en brousse n’en est pas du moindre. Du fait que les insectes sont en voie de disparition, il est très difficile de nos jours de trouver certains types d’insectes pour les photographier.

 

Depuis que vous vous êtes lancés dans la photographie d’insectes, avez-vous eu de l’accompagnement de la part de l’Etat ou d’un particulier ?

Pour l’accompagnement technique, nous tirons notre épingle du jeu grâce à des personnes de bonne volonté. Nous citons : Djibril  Dicko (chauffeur / Farako-Bâ), Seydou Traoré (cultivateur / Karankasso Sambla), Dr Rémy Dabiré (entomologiste – INERA / Farakobâ), Dr Jacob Sanou (généticien-gestionnaire des ressources génétiques-amélioration des plantes – INERA / Farako-Bâ), Dr Omer Héma (entomologiste – Programme coton / Bobo-Dioulasso), Dr Amadou Traoré (entomologiste – CNRST / Ouagadougou), Dr Abel S. Biguzoton (écologiste de santé – CIRDES / Bobo-Dioulasso), Moise Ouattara (informaticien – Librairie Balaïra / Bobo-Dioulasso), Pr Rock Dabiré (entomologiste – IRSS / Bobo-Dioulasso) et Pr Antoine Sanon (entomologiste – Université Ki-Zerbo / Ouagadougou).

Etant membre du Bureau burkinabé du droit d’auteur (BBDA), nous avons bénéficié du Fond de promotion Cculturelle du BBDA par le premier appel à projets culturels de l’année 2020 pour la réalisation d’une exposition photographique à Koudougou. Du reste, nous sommes toujours à l’écoute de l’Etat et des organismes internationaux.

 

Votre structure Fingers photo, est ce qu’elle forme des gens en photographie d’insectes ?

La formation fait partie de nos projets pilotes. Pour l’instant, nous sommes en phase organisationnelle. L’implication de la formation dans nos projets est primordiale. C’est l’outil de guide de ceux qui seront formés à prendre conscience de l’importance de la protection des insectes, voire la sauvegarde de notre environnement. Car, le développement durable d’une nation passe par son environnement. Les publics cibles seront : les élèves, les étudiants, les acteurs environnementaux et agricoles, voir aussi les acteurs du monde rural.

 

Votre structure existe il y a 24 à 25 ans, quels sont vos projets innovateurs pour le futur ?

Continuer la collecte des fichés d’insectes pour conserver les ressources naturelles par l’audiovisuel, faire des expositions de sensibilisation, donner des conférences. Approfondir notre connaissance sur la vie des insectes. Compiler toutes les photographies d’insectes déjà acquises dans un document et mettre au service du public. Faire des documentaires sur les insectes. Donner des formations. Aller à la recherche de l’information dans les documents qui traitent des sujets sur les insectes. Recueillir les contes, les mythes et les proverbes vernaculaires sur les insectes à travers le pays. Nous organiser en association pour devenir plus fort.

 

Qu’est-ce qui peut motiver un particulier à vous soutenir ?

La prise de conscience de l’importance de ce que nous faisons.

 

Guy Roland Traoré, artiste-photographe environnementaliste, qu’est-ce qui vous à inspirer à vous lancer dans ce domaine ?

L’inspiration m’est venue à partir d’une formation que j’ai suivie à Ouagadougou en 2006 sur ‘la technique de prise de vue’. Ayant acquis de nouveaux outils professionnels, le projet de faire la photographie des insectes est né. Avec la maitrise de la technique de la micro et la macrophotographie, un nouvel élan est pris, la recherche des insectes par le focal de mon appareil photographique.

Pour clore, la motivation, la patience, l’endurance, l’amour du métier et le désir du travail bien fait sont le moteur fondamental de nos attentes : résultats satisfaisants, résultats promettant.

Je vous remercie.

Aymeric KANI

Ben Alassane DAO

 

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