Secteur 21 de Bobo : un démarcheur devant le juge pour vente de parcelle d’autrui

A.B est un démarcheur de parcelle âgé de 52 ans. Il a comparu devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso, le 05 juin 2026, pour des faits de stellionat et de dissipation de biens saisis.

Selon le dossier, A.B en sa qualité de démarcheur de parcelle a vendu en 2020 une parcelle sise au secteur 21 de Bobo-Dioulasso d’une superficie de 375 mètres carrés tout en sachant que la dite parcelle ne lui appartenait pas.

Dans le même dossier, un autre fait différent du premier  implique le prévenu A.B. Il s’agit d’une infraction de dissipation de biens saisis. Cette infraction résulte du fait qu’A.B avait vendu un autre terrain qui ne l’appartenait pas. Il a pris la somme de 3 millions avec la personne mais la vente a été annulée par la suite. Un jugement au civil l’a condamné a rembourser l’argent de la victime. C’est ainsi qu’une procédure de saisine de ses biens a été initiée pour pouvoir payer la victime.

Dans la liste des biens saisis par l’huissier de justice, figuraient deux motocyclettes et un climatiseur. C’est au moment de venir enlever les dits biens ayant fait l’objet de saisine que l’huissier a constaté l’absence de certains biens. Pour cela, il a été poursuivi pour  dissipation de biens saisis. Interpellé, A.B a fait l’objet d’un mandat de dépôt avant d’être jugé le vendredi 05 juin 2026.

À la barre,  les faits sont partiellement contestés

Interrogé sur les faits de stellionat, il dit avoir effectivement vendu la parcelle à 11 millions mais dit aussi l’avoir achetée avec quelqu’un.

Le juge lui pose la question de savoir s’il s’était assuré que celui avec lequel il a acheté la parcelle était le vrai propriétaire ?

La réponse de A.B : « Je me suis renseigné avec lui, lui aussi est un démarcheur de parcelle à Bobo-Dioulasso ».

Le juge demande encore s’il y a un acte de vente et des décharges fiables entre lui et la personne en question.

Le prévenu répond par la négative.

« Est-ce qu’au moment d’acheter la parcelle avec cette personne, vous saviez pertinemment que la parcelle n’était pas de sa propriété? »

«Oui», dit le prévenu A.B.

Sur les faits de dissipation de biens saisis, le prévenu soutient qu’il était absent le jour où la liste des biens a été faite.

« Le jour où on a fait la liste des biens, j’étais en déplacement. C’est mon épouse qui était présente mais elle aussi ne sait ni lire ni écrire.

Ensuite, ma fille a pris des biens vendre à mon insu. J’étais en détention lorsqu’ils sont venus pour enlever les biens», a-t-il expliqué.

Les victimes réclament réparation

Le tribunal, avant de donner la parole aux deux victimes a signalé la mauvaise foi du prévenu.

« Vous n’êtes pas clair dans vos propos et agissements. On vous rappelle que vous avez été condamné cette année 2026 devant ce tribunal à 12 mois avec sursis pour des faits de stellionat. Et vous voilà encore devant nous pour des faits similaires », a révélé le tribunal.

Les deux victimes se sont constituées parties civiles.

Pour le premier fait, la victime réclame ses 11 millions F CFA.

Quant à la deuxième, elle demande réparation de tous ses préjudices à hauteur de 7 millions F CFA. Le parquet s’est prononcé en faveur de la constitution des deux infractions. Il a requis une peine d’emprisonnement de 03 ans plus une amende de 2 millions F CFA, le tout ferme contre le prévenu.

Le verdict sera connu le 19 juin 2026.

B.A.D