Sécurité routière : A Dédougou, la police nationale refoule les usagers sans casque

Dans la matinée du vendredi 29 aout 2026, la ville de Dédougou a été le théâtre d’une opération de sensibilisation sur l’importance du port de casque pour les usagers de la route. Nous avons fait le constat dans quelques carrefours.

 

Il est 6h 00 quand nous arrivons à la place de la femme de Dédougou, le vendredi 29 août. Ici, le rond-point de la femme fait de cette place l’un des plus grands carrefours de la cité du Bankuy. Quelques usagers de la route sont déjà en mouvement dans divers sens. Des équipes de la police nationale composées d’éléments du commissariat central de Dédougou, de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) de la Brigade anticriminalité (BAC) viennent d’être déployés à ce carrefour.

Nous sommes à l’opération « Bouclier tête », une opération de sensibilisation sur le port du casque dans la ville de Dédougou.  Aussitôt positionné au feu tricolore de ce carrefour, les agents procédaient au refoulement pur et simple de tous usagers n’ayant pas porté de casque de sécurité. « Deux têtes deux casques », lance un agent de police à deux usagers sur un même engin dont celui de derrière ne portait pas de casque.  Certains trouvaient des excuses comme « je l’ai oublié », d’autres prétextaient qu’il était matinal pour porter le casque.

Après le rond-point de la femme, nous mettons le cap sur le carrefour situé à côté de la touffe loba, moins fréquenté mais abritant un panneau stop. Là, le message est tout aussi clair : « sans casque, retournez d’où vous venez ».

Au carrefour du dernier feu tricolore sur la route de Tougan, le constat est pareil. Ceux qui portent des casques sont autorisés à la circulation, mais ceux qui n’en portent pas sont refoulés.

 

«Nous avons constaté un relâchement »

De ces trois carrefours, on note que la majeure partie des usagers sont porteurs de casque. Cependant, il faut relever cette attitude de certains usagers qui accrochent leur casque sans le porter.  Ils sont sommés de le porter avant de continuer à circuler.

« C’est une initiative de nos plus hautes autorités, en particulier du ministre de la Sécurité, qui a demandé l’organisation d’opérations « Bouclier Tête ». Comme vous le voyez, l’accent est mis sur le port de casque », explique le commissaire central de police de Dédougou, Wilfrid Sanon.

La première sortie de sensibilisation du genre a eu lieu la semaine surpassée et a montré des résultats encourageants, selon le CCP. En effet, il a noté qu’environ 60 à 70 % des usagers de la route portaient un casque. Contrairement aux campagnes précédentes, qui se limitaient à des sensibilisations passives, cette opération a un aspect répressif, incitant les usagers à se conformer pour éviter des sanctions.

« Nous avons constaté un relâchement quelques jours après, mais nous espérons qu’avec l’opération d’aujourd’hui, cela renforcera la conscience collective. Notre conviction est que cette sensibilisation peut véritablement porter des fruits », a affirmé Wilfrid Sanon. Malgré les progrès, le commissaire a évoqué les défis auxquels les agents font face sur le terrain. Certains usagers demeurent réticents et trouvent des excuses pour ne pas porter de casque. « Nous sommes encore dans une phase de sensibilisation, donc nous ne pouvons pas réprimer. Nous donnons des conseils en espérant qu’ils prendront conscience de l’importance du port du casque », a-t-il déclaré.

 

Le message du commissaire Wilfrid Sanon

 

Le commissaire a lancé un appel à la population pour qu’elle s’engage dans cette dynamique de sécurité routière. Il a rappelé que le port du casque est non seulement une obligation, mais également une question de civisme. « Il est crucial de respecter les lois et règlements, surtout dans une ville comme Dédougou où les accidents de la route sont fréquents. Malheureusement, il ne se passe pas un mois sans que nous ne constations des accidents mortels », a-t-il indiqué.  Le commissaire souligne que de nombreux accidents mortels sont liés à des traumatismes crâniens, souvent évitables grâce à un casque. « Il est essentiel d’inviter la population à porter le casque, car cela ne coûte pas cher et offre une protection contre les accidents de la route, ainsi que contre les intempéries, la poussière, le vent et les insectes », a conclu le CCP Wilfrid Sanon.

Arnaud Lassina LOUGUE

Correspondant