Séquestration aggravée d’un talibé de 13 ans : le maître coranique condamné à 11 ans de prison

Le tribunal correctionnel de Ouaga 1 a rendu son verdict dans l’affaire du maître coranique poursuivi pour maltraitance d’un talibé ,le  jeudi 29 janvier 2026. Il l’a condamné à une peine d’emprisonnement de 11 ans dont 07 ans ferme.

 

La Chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance de Ouaga I a requalifié les faits de séquestration aggravée et de maltraitance d’enfant en séquestration aggravée, et en a déclaré H. Hamadou coupable. Elle a également requalifié les faits de traite de personnes aggravée, d’incitation à la mendicité et d’exploitation de la mendicité d’autrui en traite de personnes aggravée, et l’en a déclaré coupable.

En répression, le tribunal l’a condamné à une peine de  11 ans d’emprisonnement, dont 07 ans ferme, ainsi qu’à une amende 1 000 000 de F CFA, dont 500 000 F CFA ferme.

Il a donné acte au fait que la famille ne s’est pas constituée partie civile et a ordonné la confiscation, au profit de l’État burkinabè, de 79 730 F CFA placés sous scellé.

Rappel des faits

Le 19 janvier 2026, H. Hamadou, maître coranique âgé de 28 ans, a comparu devant le Tribunal de grande instance de Ouaga I pour des faits graves commis sur un talibé de 13 ans. Il était poursuivi pour séquestration aggravée, maltraitance d’enfant, traite de personnes, incitation à la mendicité et exploitation de la mendicité d’autrui. L’affaire a été révélée en novembre 2025 à la suite d’un communiqué du procureur du Faso.

L’enfant aurait été ligoté, privé de liberté et gravement blessé aux mains, au point de risquer une amputation. À la barre, l’accusé a reconnu avoir enfermé et ligoté l’enfant, invoquant son indiscipline. Il a également admis vivre de l’argent issu de la mendicité des enfants placés sous sa responsabilité. De son côté, la victime affirme avoir été ligotée pour n’avoir pas pu rapporter de la nourriture. Il raconte s’être échappé et avoir alerté une voisine. Le ministère public a souligné la gravité des faits et le danger encouru par l’enfant. La famille de la victime a refusé de se constituer partie civile. Le parquet avait requis une peine de 30 ans de prison, dont 15 ans ferme, et une amende de 5 000 000 F  FCFA.

La défense a plaidé la clémence, évoquant une instruction donnée par les parents.

Ben Alassane DAO