
Les occupants et les propriétaires de maisons sur le site de la future zone industrielle, sur le long de la route de Léguéma et aux alentours du site du nouveau stade de 15000 places en construction à Léguéma, sont sommés de libérer les lieux d’ici le mercredi 12 mars 2025. C’est ce que le PDS de l’arrondissement 3 a tenu à leur rappeler en se rendant en personne sur ces sites. Domonbagnèrè Kisito Dabiré qui était accompagné à l’occasion de techniciens de la commune et du chef d’antenne régionale de l’Office national du contrôle des aménagements et des constructions (ONC-AC) des Hauts-Bassins, a pu constater sur place l’ampleur des constructions dans cette zone d’office réservée à des aménagements publics. «Suivant le Schéma directeur d’aménagement de la commune de Bobo-Dioulasso, cette zone est destinée à une zone industrielle. Nous avons constaté que ces derniers moments, des non-lotis poussent par-ci et par-là. Nous avons fait un communiqué qui est actuellement diffusé sur les antennes des radios depuis le 18 février, invitant les particuliers qui s’adonnent à des actions de morcellement de terrains, qui sont vendus comme des non-lotis, à y mettre fin sous peine de sanction. Nous avons également interpellé les populations à se démarquer de tout acte d’achat ou de construction issues des ces aménagements illégaux. Après ce communiqué, nous sommes sortis le jeudi 27 février 2025 pour sensibiliser la population et matérialiser sur les maisons la mention «A démolir» », explique le PDS. Selon lui, malgré toutes ces interpellations, les activités de constructions ont continué sur le terrain. «Pour mettre un terme à ces pratiques illégales, nous avons fait un autre communiqué en date du 4 mars pour leur donner un délai, et le délai de rigueur c’est le mercredi 12 mars, pour libérer les lieux. Après cette date nous allons démolir les maisons», prévient-il, précisant que la présente sortie vise toujours à sensibiliser la population.
Des circonstances atténuantes ?
Si certains propriétaires de maisons dans la zone ont acquis leurs parcelles avec des particuliers, d’autres résidents comme Boukary Kaboré, pompiste à la retraite, a obtenu la sienne auprès d’une agence immobilière. Il appelle à la clémence des autorités. «J’ai quitté Ouaga pour Bobo, je suis arrivé ici en mars 2023. J’ai appelé un ami qui m’a envoyé le numéro de quelqu’un, celui-ci m’a dit de venir voir qu’il y a un terrain dans cette zone. Quand je suis venu j’ai regardé, j’ai d’abord hésité mais le technicien de l’agence m’a motivé à prendre. Par la suite, j’ai compris que c’est une zone industrielle. Maintenant on nous dit de voir avec les immobiliers. J’ai payé la parcelle à 2,5 millions et investi au moins 5 millions de FCFA. Ça me fait plus d’un an que je suis là. Si je dois quitter comme ça, ce n’est pas bien», regrette- t-il. Sur ces cas précis, le PDS de l’arrondissement 3 souligne qu’il pourrait avoir des circonstances atténuantes. «Si les plus hautes autorités nous le permettent, peut-être qu’il pourrait y avoir un traitement particulier puisqu’à l’époque des textes ont autorisé les activités immobilières. Il y a eu trop de failles ; des sociétés agissaient directement sur le terrain avant de recourir aux documents. Ils ont entrainé certains citoyens dans des dossiers qui peuvent devenir un problème social. A ce niveau, on peut avoir un regard un peu clément pour ces individus», déclare- t-il.
Des sanctions prévues dans la nouvelle loi
Le chef d’antenne régionale de ONC-AC, Hamadé Ouédraogo, a rappelé que toute opération de promotion et opération foncière est interdite pour les personnes physiques et morales de droit privé au Burkina Faso, conformément à la nouvelle loi 008 du 20 juin 2023 portant promotion immobilière à son article 98. Les contrevenants s’exposent à des sanctions qui peuvent aller de 5 à 10 ans de prison ferme et une amende de 100 millions FCFA et le double du coup de la parcelle vendue. Raison pour laquelle il a été demandé aux propriétaires terriens de cesser de donner leurs champs pour qu’on morcelle à des fins de parcelles. «Nous invitons la population aussi à arrêter d’acheter ces non-lotis parce que c’est grâce à eux que l’activité perdure. Si la personne morcelle en non-lotis et il n’y a pas d’acheteur, le problème sera anéanti », insiste le PDS de l’arrondissement 3, Domonbagnèrè Kisito Dabiré.
Ousmane TRAORE