Situation nationale : Lynchage à Banlo, effondrement à Koudougou, le Burkina est en danger

C’est peu de dire que ce qui se passe au Burkina Faso doit faire peur. Même s’il ne faut pas céder au pessimisme, il faut de même accepter que la succession des tragédies, de faits graves imputables à nos comportements et qu’on pouvait éviter si chacun faisait correctement son travail inquiète. Rien que dans ce mois d’août, alors qu’on cherchait à se remettre du drame d’Arbinda avec sa quatre-vingtaine de morts (civils et militaires confondus), les macabres événements de Banlo sont venus ravir la vedette. A peine étions-nous en train de soigner cette plaie qu’à Koudougou, l’effondrement d’un béton armé sur le chantier de construction de bâtiments à l’Université Norbert Zongo fait quatre morts. Quand on remonte un peu plus loin en arrière, les scandales sont assez nombreux, assez graves et assez révoltants. Au fait : qu’est-ce qui se passe dans ce pays ? La question vaut son pesant d’or quand on constate que dans presque tous les secteurs, il y a problème. Comme si personne ne veut faire correctement son travail.

Quand on pousse assez loin la réflexion, on se rend compte que tous ces scandales ont un lien avec tout ce qui concerne l’Etat. Soit ce sont les marchés publics, soit c’est suite à un manque d’autorité. Dans le domaine du bâtiment, l’Etat ne fait pas plus de réalisations que les acteurs du secteur privé. Mais, le constat que l’on fait est qu’il n’y a que les bâtiments de l’Etat qui s’écroulent parce que mal construits. C’est dire combien il y a du laisser-aller dans l’administration. Si les entreprises font ce qu’elles peuvent ou ce qu’elles veulent, c’est parce que quelqu’un laisse faire ou du moins en est responsable s’il n’en est pas à l’origine.

Le système du moins disant dans la passation des marchés publics n’est pas bon. Comment peut-on vouloir faire de bonnes et grandes réalisations tout en dépensant moins. Si en plus les entreprises sont obligées de payer des commissions ou des dessous de table à des fonctionnaires, il faut convenir que la qualité ne sera pas dans le travail commandé. Et c’est sans aucun doute ce qui explique les fréquents effondrements de bâtiments publics. Malgré tout, on poursuit avec le même système. C’est à se demander s’il y a une certaine conscience à quelque part !

Il est évident que si le président du Faso et le gouvernement laissent faire, ils seront les premiers à payer le prix. Car, de plus en plus, des voix s’élèvent pour dénoncer et accuser leur inaction ou faible inaction face à des scandales de plus en plus nombreux et de plus en plus fréquents. Alors qu’à la fin de son mandat, c’est à lui, Roch Marc Christian Kaboré, président Faso que les Burkinabè demanderont des comptes, car c’est lui qu’ils ont élu. C’est à lui qu’ils ont confié la responsabilité de bâtir leur pays pendant cinq autres années. Il ne peut donc laisser faire des choses de ce genre ! C’est trop flagrant, énervant et révoltant !

Dabaoué Audrianne KANI

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