Terrain de l’Hôtel Tounouma City : l’Archidiocèse de Bobo-Dioulasso affirme être bel et bien le propriétaire légitime

L’Archidiocèse de Bobo-Dioulasso est sorti de son silence sur le dossier du terrain sur lequel est construit l’Hôtel Tounouma City. Au cours d’une conférence de presse le mardi 7 juillet 2026 à la paroisse de Tounouma, les responsables de l’institution catholique ont apporté leur version des fait .

 

La déclaration liminaire a été lue par Maître Fako Bruno Ouattara, avocat de l’Archidiocèse.

Selon l’Archidiocèse, un contentieux foncier l’oppose depuis plusieurs années à plusieurs personnes dont Rasmané Zoungrana et Dramane Sandiwidi.

«Le terrain concerné est couvert depuis 1958 par le titre foncier n°738, dont il affirme être le propriétaire légitime. L’institution religieuse explique avoir implanté la paroisse de Tounouma sur ce site et y avoir développé ses activités pastorales. Dans le cadre de sa mission d’évangélisation, la paroisse accueillait des catéchistes auxquels elle accordait, à titre de simple autorisation verbale, la possibilité d’occuper une partie du domaine et d’y exercer certaines activités, notamment l’élevage. L’Archidiocèse insiste sur le fait que ces autorisations ne constituaient en aucun cas une cession de propriété», ont précisé les conférenciers.

 

L’origine du problème

L’Archidiocèse indique que le catéchiste Zossin Emmanuel Sanon avait obtenu l’autorisation d’occuper une portion du terrain auprès de l’Abbé Jean Monrerrat. Après son décès, son fils Noël Étienne Sanon, alors employé à la mairie centrale, aurait revendiqué la propriété de cette parcelle. Le curé de la paroisse de l’époque, l’Abbé Jean Paul Sanou, lui aurait demandé de libérer les lieux après lui avoir présenté les documents attestant de la propriété du terrain.

L’Archidiocèse affirme qu’à la faveur de la réforme foncière intervenue en 1986, qui avait remplacé les titres fonciers par des titres de jouissance, Noël Étienne Sanon aurait, avec la complicité présumée d’un géomètre, fait établir de faux Permis urbains d’habiter (PUH) sur une partie du terrain appartenant à l’Église.

 

De la construction de l’Hôtel Tounouma City

Toujours selon l’Archidiocèse, ces documents auraient ensuite servi à des transactions immobilières ayant permis à des acquéreurs, notamment Rasmané Zoungrana et d’autres personnes, d’engager des constructions sur le site, parmi lesquelles l’Hôtel Tounouma City.

L’institution religieuse affirme que le curé de la paroisse de Tounouma, l’abbé Sylvestre Sanou, avait demandé dans un premier temps l’arrêt des travaux dans un esprit de dialogue. Elle soutient qu’en réponse, celui-ci aurait été successivement convoqué à la gendarmerie, à la police puis devant les juridictions.

 

Une bataille judiciaire depuis 2012

Les responsables de l’Archidiocèse affirment avoir privilégié une résolution amiable du différend, sans succès. Ils indiquent que le contentieux est pendant devant les tribunaux depuis 2012 et oppose l’Archidiocèse à Rasmané Zoungrana, Dramane Sandiwidi ainsi qu’à la mairie.

Selon la déclaration lue par Maître Fako Bruno Ouattara, la Cour administrative d’appel, dans un arrêt rendu le 7 janvier 2026, a jugé que les documents dont parlent les occupants étaient inexistants au regard du droit burkinabè.

L’Archidiocèse ajoute avoir tenté de faire notifier cette décision par voie d’huissier de justice, mais affirme que l’autre partie a refusé de signer les actes de notification.

Au cours de la conférence de presse, les responsables de l’Église catholique ont également réagi aux publications diffusées sur les réseaux sociaux par Rasmané Zoungrana, qui prétend être victime d’une injustice. L’Archidiocèse soutient que l’intéressé était pleinement informé de la procédure judiciaire et qu’il bénéficiait de l’assistance d’un avocat tout au long de l’instance, comme le précise l’arrêt de la Cour administrative d’appel.

À l’issue de cette conférence de presse, l’Archidiocèse de Bobo-Dioulasso a indiqué que le dossier est toujours en cours. Mais, il a mentionné qu’il n’est pas exclu que de nouvelles poursuites pénales soient engagées contre les occupants des lieux, notamment pour des faits qualifiables de discrédit  sur une décision de justice.

Ben Alassane DAO