Tribune de Femme : Le lourd secret de Latifatou Sawadogo

Titulaire d’un master en management des opérations logistiques Latifatou Sawadogo, en plus d’être une écrivaine, est une jeune entrepreneure spécialisée dans la vente d’articles de femmes enceintes et d’enfants. Invitée de notre rubrique de la semaine, elle nous raconte son parcours.

Je crois à mon projet, je crois en ce que je vais faire

Elle est jeune et incarne la beauté africaine. En plus de son BTS et un DTS en Transport Logistique, Latifatou Sawadogo est titulaire d’un master en management des opérations logistiques. À 24 ans, elle lance sa boutique « FOR-MUM » en ligne le 20 septembre 2018 et le 02 mars 2019 la boutique physique est ouverte à la zone du bois à Ouagadougou. C’est une boutique de vente d’articles de femmes enceintes, d’enfants, de bébés, des kits de naissance. Outre ces services, «FOR-MUM» donne des conseils aux femmes enceintes sur le suivi de leurs grossesses. Elle justifie ce choix par son attirance pour les femmes enceintes. «Déjà, c’est une catégorie de personnes qui m’intéresse vraiment, parce que j’ai toujours été attirée par les femmes enceintes. Je peux dire que c’est en les observant que je me suis dit attend, je ne comprends pas pourquoi à chaque fois qu’une femme est enceinte, elle se délaisse, elle n’est pas joliment habillé, ce sont des habits de grande mère. J’ai dit ok, on va essayer de changer cet aspect des choses, les saper. Parce que 9 mois, ce n’est pas petit, il faut qu’elle soit bien chic. C’est pourquoi j’ai lancé la boutique « FOR-MUM ». Je me suis dit quand ces femmes vont venir payer des articles, elles seront intéressées par les habits de leur futur bébé. C’est pourquoi j’ai ajouté le volet articles d’enfants», explique-t-elle. En plus de «FOR-MUM», Latifatou Sawadogo en collaboration avec un partenaire, fait du commerce en ligne d’articles de Chine, sous enseigne «LES GROSSISTES DE CHINE». «LES GROSSISTES DE CHINE» offre tout types d’articles, que ce soit les produits de femmes enceintes, d’enfants, les produits de maquillage, les sacs à mains ou les mèches. Mais, uniquement en gros. «Nous récupérons les commandes et nous lançons maintenant. Quand ça vient, nous livrons», dit-elle.

«Je me suis formée sur le tas»

Malgré les difficultés notamment la concurrence et la non disponibilité des articles au Burkina Faso, la jeune dame ambitionne ajouter le volet formation à «FOR-MUM», pour cela, elle compte aménager dans un local plus grand et plus spacieux. Elle nous confie : «Nous allons ajouter la formation, parce qu’il n y a pas mal de femmes qui m’approchent pour savoir comment se comporter pendant l’accouchement. Je ne suis pas vraiment habilitée à répondre à cela, il faut un agent de santé même. Donc, en ce sens nous avons décidé d’ajouter le volet formation et également le volet maintien de soi, parce que ce n’est pas parce qu’on est enceinte qu’on ne doit pas bouger un peu, faire le sport. Ce sont des perspectives que nous sommes entrain de réaliser». Latifatou Sawadogo est également dans l’écriture. Elle a pour le moment une seule nouvelle à son actif, intitulée « Lourd secret de famille » parue le 15 juin 2019. Cette œuvre parle de faits de société, de grossesses non-désirées, d’avortements, d’inceste. «Et qui dit inceste, parle de lourd secret de famille, parce que ça se passe en famille et on essaie de gérer cela en famille», déclare-t-elle. Pour la petite histoire, la jeune écrivaine raconte : «J’écris depuis ma classe de première. Au début, c’était une passion pour moi, parce que j’étais une personne, je ne dirai pas renfermée, mais plutôt dans mon coin. Je faisais plus la lecture, et le fait de lire, ça te crée des imaginations. C’est comme cela que j’ai commencé à accoucher ces imaginations et me voilà dedans». Latifatou Sawadogo estime que la jeunesse est le relais de demain. C’est pourquoi elle invite les jeunes, surtout la gente féminine, à se battre car dit-elle, «j’entends un peu partout, je veux entreprendre mais je n’ai pas de fonds pour démarrer, à cause de cela je traine. Je me dis, tu n’as pas besoin d’avoir beaucoup d’argent pour démarrer, tu peux démarrer avec ce que tu as. Si tu vois que tu n’en as pas, il n’y a pas mal d’organes qui offrent des prêts, surtout aux jeunes filles. Donc une fois qu’on croit à son projet, il faut juste se donner les moyens de foncer, d’y aller au lieu de chercher des freins. Parce que moi, quand je voulais lancer «FOR-MUM», on m’a dit pourquoi cette cible, est ce que tu pourras avoir des femmes enceintes. Mais, je me suis dit bon, je crois à mon projet, je crois en ce que je vais faire, j’ai ma vision de la chose qui est vraiment arrêtée et je sais que je ne vais pas rentrer dans le décor inchallah. Depuis près de deux ans, on est là. Donc mon conseil, c’est vraiment que celles qui ont des projets, qui croient vraiment à leurs projets, de foncer».

Aïcha TRAORE

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