Village de Samogohiri: une affaire de champ qui a failli virer au drame

Les litiges fonciers dans la province du Kénédougou sont récurrents. Et justement, l’un des dossiers enrôlés ce mardi 20 février 2024 au cours des assises criminelles de la Cour d’Appel de Bobo-Dioulasso concernait une histoire de délimitation de champ dans le village de Samogohiri à 26 km de Orodara.

Le vieux Salif (nom d’emprunt) comparaissait à la barre pour s’expliquer sur des faits de tentative d’assassinat et détention illégale d’arme à feu requalifiés en tentative de meurtre et détention illégale d’arme à feu. Les faits remontent au 27 novembre 2021. Le vieux Salif, âgé de 67 ans et père de quatre enfants, vivait seul dans son hameau de culture de Samogohiri. Ses deux fils vivent à l’étranger et les deux filles sont mariées Selon ses explications, tout serait parti d’un problème de délimitation de champ qui l’opposait à Madou (nom d’emprunt). Ce dernier serait revenu de la Côte d’Ivoire et n’était pas d’accord sur la limite de son champ. Selon Madou, le vieux Salif a occupé une partie de leur champ familial. L’affaire a été portée aux autorités coutumières qui peinaient à trouver une solution. C’est ainsi que dans la matinée du 27 novembre 2021, une altercation est survenue entre les deux protagonistes dans lesdits champs. Le vieux Salif aurait fait usage de son arme de chasse calibre 12 pour ouvrir le feu sur son adversaire. Blessé, il est transporté d’urgence au CSPS de Samogohiri puis au CMA de Orodara avant d’être évacué au CHUSS de Bobo-Dioulasso où il sera sauvé.
Selon le parquet général, le rapport médical mentionne que la victime avait reçu trente-neuf plombs dans la partie gauche du corps (thorax, abdomen et membres inférieurs). Pour lui, la victime a pu retrouver la vie non seulement grâce à l’expérience du corps médical, mais surtout la maladresse de l’accusé. En outre, le vieux Salif ne détenait aucun document légal de son arme. Toute chose qui conforte le ministère public à retenir sa culpabilité sur les faits a lui reprochés. Estimant que les infractions reprochées à l’accusé sont constituées mais avec des circonstances atténuantes. Sur ce, il a requis une peine d’emprisonnement de 5 ans dont de 2 ans avec sursis. L’avocat de la défense a, quant à lui, plaidé pour un traitement bienveillant de son client au regard de son âge et aussi de son statut de dozo dans la commune de Samogohiri. Selon lui, son client n’avait pas l’intention de tuer, sinon il serait revenu sur les lieux pour l’achever. La victime a réclamé le remboursement de ses frais médicaux en guise de dommages et intérêts.
À la fin des débats contradictoires, la Cour a reconnu le vieux Salif coupable d’avoir attenté à la vie de Madou et de détenir illégalement une arme à feu. Par conséquent, elle l’a condamné à 5 ans d’emprisonnement dont 3 ans ferme. Par ailleurs, l’accusé doit rembourser à la victime la somme de 175 000 F CFA représentant les frais médicaux.

Djibrilou DIALLO/ Orodara

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