
De son nom à l’état civil Passigué Zalissa Rokia Cissé, celle que le public connaît sous le pseudonyme de « Diamond Girl », est une artiste aux multiples facettes. Actrice, humoriste et scénariste, elle s’impose aujourd’hui sur les scènes nationales avec un humour engagé, porté par une authenticité linguistique et une détermination sans faille. Rencontre avec une étoile qui refuse de briller à moitié.
Dans le milieu de l’art, certains disent que le talent est une chance, d’autres qu’il est une fatalité. Pour Diamond Girl, c’est un mélange des deux. De niveau Terminale F4, rien ne la prédestinait aux projecteurs de la scène comique. C’est par le septième art qu’elle fait ses premiers pas en 2017. Mais comme pour beaucoup de grands destins, l’accident a provoqué la passion. En 2021, elle bascule dans l’humour, une discipline devenue aujourd’hui sa « casquette » principale. Pour Diamond Girl, l’improvisation n’exclut pas la rigueur. En 2021, elle se frotte aux exigences du métier en suivant des formations avec des professionnels du domaine tels que le groupe Génération 2000 et Gérard Ouédraogo. Ce bagage technique lui permet de franchir les étapes avec rapidité. Si elle a entamé des démarches pour obtenir sa carte de scénariste (un métier qu’elle a embrassé récemment), c’est sur les planches qu’elle récolte actuellement ses plus beaux lauriers. On l’a vue assurer les premières parties de pointures comme Kaboré l’intellectuel et Adèle Badolo, En 2023 et 2024, elle a confirmé son statut en ouvrant le One Man Show de La Jaguar, avant de briller lors de rendez-vous prestigieux comme le SIAO et Ouistiti d’or. L’une des particularités de Diamond Girl réside dans son usage des langues locales telles que le mooré, le dioula, en plus du français. « Souvent, les vannes sont plus intéressantes dans nos langues nationales », confie-t-elle. Cette proximité linguistique lui permet d’aborder des thématiques sociales profondes, avec un penchant marqué pour la cause des femmes. Pourtant, l’artiste sait rester humble face à son art. Si elle accepte volontiers les thèmes imposés par les organisateurs pour « pousser la réflexion », elle n’hésite pas à s’entourer de ses aînés. Des mentors comme Siatique, Éric Gaégo, SP des Homotocké ou encore Bamogo, l’accompagnent dans la mise en scène, un soutien précieux dans un milieu burkinabè qu’elle décrit comme étant à la fois solidaire et très compétitif.
Entre défis personnels et engagement total
Le succès ne s’est pas construit sans embûches. Au début, sa mère voyait d’un œil réticent cette carrière artistique. Aujourd’hui, la situation a radicalement changé. Convaincue par la détermination de sa fille, elle est devenue sa première collaboratrice, allant jusqu’à corriger ses textes. Malgré une ascension fulgurante, Diamond Girl garde la tête froide. Elle évite scrupuleusement certains sujets sensibles comme la religion, par respect pour la complexité du thème. Le défi majeur reste cependant matériel. Actuellement sans emploi formel en dehors de ses prestations, elle consacre 100 % de son temps à l’écriture et aux répétitions. « L’art est un métier très jaloux », explique-t-elle, soulignant l’investissement total que demande la scène. Marquée par ses prestations chez La Jaguar en 2022 sur l’émancipation, et par son premier passage réussi en langue mooré au festival Bougré Kombi-reem de Siatique et son deuxième passage chez Kaboré l’intellectuel, Diamond Girl ne compte pas s’arrêter là. Elle s’apprête d’ailleurs à entamer une tournée aux côtés de ce dernier et tenir son One woman show en fin d’année, confirmant ainsi qu’elle est bien l’une des nouvelles valeurs sûres de l’humour au Pays des Hommes Intègres. Avec son authenticité et sa force de travail, Zalissa Orokia Cissé prouve que derrière le pseudonyme de « Diamond Girl » se cache un talent brut qui a fini de se polir pour briller au sommet.
Aïcha TRAORE