A l’occasion du 08-Mars, Journée Internationale de la Femme, une de nos équipes est allée à la rencontre de quelques femmes battantes, le jeudi 05 mars 2026 à Bobo-Dioulasso. L’objectif est de s’enquérir des combats quotidiens qu’elles mènent pour maintenir leur famille.
Sylvie Yaméogo est vendeuse de feuilles de chou dans les encablures du marché de fruits et légumes. Cette quadragénaire, depuis son arrivée de la Côte d’Ivoire, ne pratique autre métier que la commercialisation des feuilles de chou. Ces feuilles sont utilisées pour préparer de la sauce ; et elles sont également destinées aux bétails. Installée dans son espace de vente, cette mère de quatre enfants dévouée s’active pour satisfaire sa clientèle. « Je fais ce métier depuis 09 ans. J’arrive à mon lieu de vente à 09heures pour repartir à la maison à 20heures ou 21 heures », martèle-t-elle. Elle souligne qu’avant de se rendre à son lieu de vente, elle prépare à manger pour la famille, prépare ses enfants pour l’école. Ainsi est le quotidien de cette battante femme. Convaincue de son choix de vendre ces feuilles, elle est contente aujourd’hui de son parcours et de la clientèle qu’elle s’est faite. « Comme tout métier, le début était difficile parce ce qu’il y avait un manque de client et je ve-
nais de m’installer au Burkina-Faso. Aujourd’hui, je scolarise mes enfants, je les nourris, les soigne
quand ils sont malades », se félicite-t-elle en souriant. Cependant ce qui fait la difficulté de cette courageuse femme, est que la vente est périodique. « Actuellement la vente est fructueuse parce ce qu’il n’y a pas d’herbe fraîche et les clients ont besoin de ces feuilles pour nourrir leurs animaux. Mais une fois que la saison pluvieuse arrive, avec la disponibilité des herbes fraiches, nous manquons de clientèle. Malgré cela, je ne me décourage pas », explique-t-elle. Cette autre femme battante, Alima Sanou, vend du charbon dans sa concession. Etant dans sa cour avec ses enfants, elle mène son activité commerciale et s’occupe de la famille. « Je vends le charbon depuis 25 ans. C’est un camion qui me ravitaille dans des sacs et je revends uniquement en gros», ex-
plique-t-elle. Ces sacs de charbon sont disposés à l’entrée de la cour et ce sont des va-et-vient, de la cuisine à la vente au dehors à longueur de journée, qui sont son quotidien depuis 25 ans. Madame Sanou nous signifie que les femmes rencontrent beaucoup de difficultés, surtout dans leurs foyers et c’est la solution qu’elle a eue pour épauler sa famille ainsi que ses proches.
« Des vœux formulés à l’endroit des femmes »
Notre quête d’information nous amène à rencontrer au marché de fruits et légumes, des femmes
trieuses de fruits et légumes. En groupe, elles trient des avocats qui sont toujours en bon état de
consommation parmi les pourris pour les revendre. Un autre groupe de femmes, un peu éloigné, trie des piments en mauvais état et les mettent de côté. Ceux qui sont en bon état sont mis dans des cartons et en attendant d’être expédiés ailleurs pour la commercialisation. Ces femmes sont payées à la fin du travail. Oumou Karambiri, qui a parlé au nom des femmes, fait savoir que c’est l’activité qu’elles ont eue pour s’occuper de leurs enfants. « Dès 07heures, nous sommes ici à courir derrière des camions qui viennent des champs avec des marchandises. Parfois, nous déchargeons ou nous trions en fonction du besoin pour ne rentrer chez nous qu’à 20 heures ou 21heures. C’est difficile, mais nous continuons d’attacher la ceinture », raconte-t-elle. A l’occasion du mois de la femme, elles exhortent le président du Faso à avoir un regard sur elles pour de meilleures conditions de travail. « J’invite les femmes à attacher leur ceinture dans l’activité qu’elles mènent, car de nos jours les hommes ne peuvent pas tout faire. Si la femme laisse tout dans la main de
l’homme, l’entretien de la famille et des enfants deviendra difficile
et insatisfait. Il faut vous battre pour pousser la famille ainsi que
vos enfants », a souhaité madame Sanou.
Estelle Wende Mi KOUTOU
