Autant le dire : une Révolution n’exclut personne, bien au contraire !

Le débat fait rage sur les réseaux sociaux. Entre les « authentiques Révolutionnaires » et ceux qu’on considère qu’ils sont partis-venus, les premiers exigent qu’il soit fait la part des choses. Autrement dit, se disant ayant combattu la poitrine aux premières heures de l’avènement du pouvoir, s’il y a des dividendes, elles doivent leur revenir. Aussi, ne comprennent-ils pas qu’on nomme à des postes de responsabilité des personnes qui ont combattu ou qui continuent pour certains de combattre le système.
Dans le principe, on peut se précipiter et donner raison à tous ceux qui tiennent un tel raisonnement. Car pour paraphraser quelqu’un, « celui qui s’est battu pour quelque chose, c’est pour lui que ça ». Comme pour dire, on ne se bat pas pour autrui. Aussi, le Président Mobutu soutenait qu’en politique et plus globalement dans la gestion d’un pouvoir « celui qui vous enlève le beefsteak dans la bouche est un homme à abattre ».
Malheureusement, une grande Révolution ne marche pas nécessairement comme ça. S’il est vrai que toutes les Révolutions sont généralement l’œuvre d’un ou de quelques leaders avec des partisans très engagés et déterminés à faire aboutir leur vision, la Révolution c’est aussi celle qui, dans son cheminement, arrive à ratisser large. Autrement, au fur et à mesure qu’elle chemine, la Révolution par ses actes et les résultats qu’elle engrange, doit réussir à rassembler tout un peuple. Si toutefois elle veut s’inscrire dans la durée. Les ennemis d’hier doivent progressivement devenir des partisans, parfois très et plus fieffés et zélés que les premiers.
À la décharge des premiers partisans qui expriment leur mécontentement ou leur méfiance, il faut rappeler que toutes les Révolutions connaissent des infiltrations qui, si elles ne sont pas détectées à temps et bien maîtrisées, peuvent nuire de l’intérieur. Car au fur et à mesure qu’avance la Révolution, les ennemis changent de stratégie et peuvent se comporter en agneau alors que ce sont de véritables loups. Il faut donc maintenir la veille et rester vigilant à chaque instant.
Mais à l’analyse, il faut que les partisans de la Révolution Progressiste Populaire (RPP) fassent confiance à leurs leaders qui, en principe, ne feront rien pour leur nuire. Ils ne feront rien qui soit en dehors des intérêts de la nation. C’est l’essence même des Révolutions : faire de grands changements au bénéfice du peuple. Aussi, une vraie Révolution ne « peut faire un pas sans le peuple », comme l’enseignait Thomas Sankara. Dès lors qu’une Révolution divise le peuple et oppose une partie à une autre, elle court à sa chute. En plus du front international, elle ouvre un autre front sur le plan interne.
Les Révolutions se nourrissent certes de contradictions, mais pas de contradictions stériles qui la fragilisent. Il faut donc savoir raison garder et travailler à mobiliser l’ensemble des Burkinabè autour des engagements pris par le Président, le Capitaine Ibrahim Traoré devant le peuple. C’est le plus important car, en Révolutionnaire, on s’engage pour servir le peuple. Et non pour se servir. Au cas contraire, on dévie de la trajectoire révolutionnaire.

Dabaoué Audrianne KANI