Accès de personnes vulnérables à l’eau potable :l’ONG NouSol et Hakilisigui en font leur cheval de batail

L’accès à l’eau potable n’est pas une réalité pour certaines populations au Burkina Faso et particulièrement dans la région des Hauts-Bassins, pour plusieurs raisons. Cette situation conduit des associations et ONG à venir en aide à ces populations tout en respectant les cahiers de charge et les orientations de l’État. Ce 27 janvier 2025, une équipe de L’Express du Faso est allée à la rencontre d’une association œuvrant dans ce sens avec l’appui de l’ONG NouSoL (Nouveau Soleil).

 

Nous sommes reçus dans l’après-midi de ce 27 janvier 2025 par Solange Traoré/Somé, présidente de la Fédération Hakilisigui du Collectif d’Associations des Hauts-Bassins. C’est une association qui a vu le jour en 2019 et œuvre dans l’accompagnement des personnes démunies et celles vivant avec un handicap à améliorer leurs conditions de vie.

La Fédération Hakilisigi des Collectifs d’Associations des Hauts-Bassins intervient dans plusieurs domaines tels que l’alphabétisation et l’accès à l’eau potable. Pour réussir la mission qu’elle s’est donnée, la Fédération bénéficie de l’accompagnement de l’ONG NouSol. Pour ce qui est de l’accès à l’eau potable des populations, c’est un secret de polichinelle. C’est la croix et la bannière pour plusieurs d’entre elles. Souvent, dans le contexte actuel du pays, l’insécurité en est la cause mais les changements climatiques aussi. Des efforts sont consentis par l’État et ses partenaires mais des défis demeurent. D’où l’appel à l’aide de partenaires.

Des exemples à Farakoba

A Farakoba dans les Hauts-Bassins, se trouve des populations déplacées internes. Elles sont majoritairement dans le domaine de l’agriculture mais font face à un problème d’eau pour pratiquer le maraichage en saison sèche. Beaucoup d’entre elles se déplacent sur une grande distance pour chercher de l’eau très tôt le matin ; souvent à 4 heures ou à 5 heures du matin. Parcourir ces grandes distances constitue vraiment une grande corvée pour elles.

Gilgo Adama déplacée de Kaya explique : «on nous a chassés raison pour laquelle nous sommes venus nous refugier ici à Farakoba. Notre le plus gros souci, c’est le problème d’eau. Actuellement, nous sommes en saison sèche, c’est encore plus difficile. C’est la raison pour laquelle nous sollicitons tous ceux qui peuvent nous aider à avoir des forages à le faire. Ce qui nous permettra de faire des cultures de contre-saison pour nous nourrir », lance-t-elle.

Tout comme elle, Fatimata Sanon embouche la même trompette.  « Chaque jour je me lève à 4 heures du matin pour aller chercher de l’eau. Il y a des jours on ne trouve rien alors qu’il nous faut de l’eau pour nos besoins », se désole-t-elle. Issouf Komi soutient également que c’est le problème d’eau qui les fatigue. « Nos femmes partent chercher de l’eau tôt le matin et elles peuvent rester là-bas jusqu’à midi, parfois sans en avoir», ajoute-t-il.

Des associations et ONG interviennent aux côtés du Gouvernement afin de soulager les populations en matière d’accès à l’eau. C’est dans cette dynamique que la Fédération Hakilisigi des Collectifs d’Associations des Hauts-Bassins avec l’accompagnement de l’ONG NouSol viennent en aide à certaines populations de la région des Hauts-Bassins qui bénéficient de forages.

Ces forages permettent, en plus de faciliter l’eau de consommation, donnent l’occasion à ces populations de pratiquer la culture maraichère ; dans trois zones notamment. Ce sont spécifiquement les populations de Ouolonkoto qui bénéficient d’un forage fonctionnel ainsi que celles de Baré. Sur le troisième site il s’agit d’une adduction d’eau potable pour les personnes vulnérables qui sera bientôt mise en place dans le quartier Belle-ville. Cependant, au regard du nombre de personnes déplacées et des besoins, cela reste insuffisant.

 

Encadré       

L’accord de coopération Fédération Hakilisigui-ONG NouSol

 

Dans l’accord de coopération, la Fédération Hakilisigui doit, entre autres, mettre à disposition le personnel de Hakilisigui au développement des projets décrits dans cet accord, identifier les femmes vulnérables et réaliser des programmes pour leur autonomisation. Ensuite mettre à disposition des projets, les installations et le matériel dont Hakilisigui dispose dans l’atteinte des objectifs du projet en commun. Puis accompagne NouSol dans les démarches administratives pour obtenir tous les documents nécessaires afin de pouvoir mener à terme les actions conjointes.

L’ONG NouSol à son tour, contribue à créer des liens entre les différentes associations burkinabè comme européennes pour le bon développement des projets décrits dans l’accord et appuyer la Fédération Hakilisigui dans la recherche de son autonomisation. Puis accompagner la Fédération à la formation du personnel local travaillant au centre de Hakilisigui pour l’accueil des femmes vulnérables notamment.

Cependant les difficultés ne manquent pas dans la mise en œuvre des projets, à en croire la présidente de la Fédération Hakilisigui. En plus du problème d’eau, s’ajoute celui du manque de siège qui pourrait faciliter la conduite des activités.

 

Abdoul-Karim Etienne SANON

Estelle KOUTOU