Ainsi, Bala et ses députés sont passés à la trappe des…politiciens

Ils croyaient dur comme fer que leur affaire allait être accueillie à bras ouverts par la classe politique. Surtout que c’est le deuxième personnage de l’Etat qui la propose. En plus, elle devait permettre aux députés actuellement en poste de se faire encore un peu de réserve pour espérer leur réélection. Malheureusement pour lui et pour eux que la classe politique en a décidé autrement. Même dans son propre camp, la proposition du président de l’Assemblée nationale et des députés de proroger leur mandat d’un an a vite été refusée. Simon Compaoré, le président du parti n’a pas manqué (pour une fois encore) de marquer publiquement son désaccord avec celui qui a longtemps été soupçonné, à tort ou à raison, d’avoir des velléités sécessionnistes au sein du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Les partis de la majorité présidentielle, dans leur majorité, ont vite rejeté une telle proposition, argumentant également qu’elle est inopportune. Pour mieux entériner ce refus (qui est plus qu’un désaveu), à la Présidence du Faso, on a vite fait de remettre le rapport au président de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) et au Chef de file de l’opposition politique. Qui, immédiatement, se sont réunis et à l’unanimité ont dit non à une telle proposition. La deuxième personnalité et le pouvoir législatif qu’il incarne venaient ainsi d’être mis à la touche. Comme quoi, la politique est bien cruelle.

En effet, Alassane Bala Sakandé devait savoir que son affaire est mal négociée. Au moment où le pouvoir est en difficultés avec les travailleurs de la Fonction publique, demander une rallonge du mandat des députés sonne comme une provocation. En outre, au lendemain de l’investiture de Roch Marc Christian Kaboré comme candidat du MPP et des partis de la majorité présidentielle, une telle proposition est politiquement mal venue. A moins qu’elle n’ait été faite pour servir la cause.

Que va donc faire Alassane Bala Sakandé et ses camarades députés? Pour tout dire, ils viennent de tirer une balle dans leurs pieds. Handicapés, ils le seront au cours de la prochaine campagne. Car aux yeux de l’opposition, ils paraîtront comme ceux qui, sentant venir leur fin, ont tenté de se maintenir à leurs postes. Exactement comme on l’avait reproché à Blaise Compaoré, à son CDP et à son pouvoir. C’est à se demander si en faisant une telle proposition, Bala Alassane Sakandé et ses collègues ont pris la peine de consulter ou de sonder (même sommairement) l’environnement politique et social dans lequel ils évoluent. Car, il est tout de même étonnant que des gens qui sont arrivés au pouvoir après avoir refusé une prolongation de mandat (qui était légale) décident de faire la même chose! Par cette proposition (même refusée), le président de l’Assemblée nationale et ses pairs terminent leur mandat en sortant par la petite porte. Ce qui discrédite tout le travail législatif qu’ils ont fait pendant cinq ans. Dommage!

Dabaoué Audrianne KANI

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