Anna Ouattara, femme d’affaires : « Beaucoup de femmes prétendent entreprendre, mais elles sont dans le faux »

Elle est ambitieuse, dynamique, engagée ! Anna Ouattara, puisque c’est d’elle qu’on parle, est une entrepreneure qui cumule plusieurs métiers. Femme d’affaires depuis plus de 20 ans, animatrice-chroniqueuse télé, actrice de cinéma, notre étoile de la semaine évoluant également dans l’évènementiel, est propriétaire de boutiques, d’institut et de plusieurs salons de coiffure au Burkina Faso et à Bamako. Dans cet article, elle nous parle de sa vie d’entrepreneure.

Vous pouvez nous parler de vos premiers pas dans l’univers du cinéma ?

Le cinéma est venu vraiment par hasard comme le show-biz où je suis rentrée en tant qu’investisseur. Après, j’ai pris un peu le devant des choses. À certaines situations, il fallait vraiment que je sois un peu vue. Le cinéma, c’est aussi pareil. Je connaissais un producteur du nom de Oumar Dagnon. Puis Yves Edgard qui à l’époque, organisait les clips et je produisais un artiste. C’est eux qui sont venus entre temps me proposer des rôles dans leurs films. C’est un peu comme cela que je me suis retrouvée aussi à faire des films ; sinon je n’ai personnellement pas fait de formation en cinéma. Actuellement, j’ai joué dans des films tels que ‘’Maman oublie moi” et ”Djandjou”. D’autres projets sont en cours. Dans les films, je préfère souvent les rôles qui peuvent booster la mentalité.

On sait aussi que la vie d’actrice, c’est aussi le bal de déceptions et des échecs. Vous pouvez nous raconter un peu votre expérience ?

C’est dans tous les domaines. Quand je m’engage dans un truc, je m’applique à fonds quelques soient les désaccords qui arrivent. Ma chance est que je suis assez caractérielle, qui dit ce qu’elle pense, mais dans le respect. Ce que je peux dire aux filles qui veulent faire du cinéma, c’est de faire attention parce qu’il n’y a pas mal de producteurs qui utilisent les filles. Il faut qu’elles comprennent que, quand on prête son image pour quelque chose, il faut faire très attention à ce qui se passe autour, parce que ce sont des choses qui peuvent te suivre pendant très longtemps.

Vous êtes dans le showbiz, parlez-nous de votre expérience.

J’ai eu à accompagner un ami journaliste en son temps, TTB. Malheureusement, le spectacle n’avait pas marché pour lui et j’ai pris la moitié de sa structure à l’époque. C’est un peu comme cela que je suis rentrée dans ce milieu. Avec la grâce de Dieu, on a fait de super bons spectacles, souvent à guichet fermé. A l’époque, on a fait venir l’artiste Molare et beaucoup qui excellaient dans le coupé décalé. Mes critères, je suis de nature à toujours faire signer des papiers à la base dès qu’il y a une histoire d’argent, parce que certains artistes sont très gourmands. Avec les contrats verbaux, l’artiste peut changer de parole après.

Comment arrivez-vous à vous imposer dans ce domaine qu’on pourrait qualifier d’assez exposant ?

En tant que femme, c’est sûr qu’il faut de battre pour s’imposer, surtout avec certains hommes qui ont du mal à être dirigés par une femme. Personnellement, je sais faire la part des choses. Quand c’est le boulot, je mets une certaine limite dès le début.

On sait aussi que vous êtes présentatrice TV, chroniqueuse sur la chaine BF1. C’est quoi être une chroniqueuse ?

Chroniqueuse, c’est essayer de résumer une certitude situation. Par exemple, on prend un certain sujet, et on essaie de donner son point de vue, selon moi, par rapport à sa propre expérience.  Quand un sujet vient, je fais le débat et j’essaie de donner mon avis, ma vision et en en même temps donner une ouverture d’esprit pour avoir un débat ouvert. Car on apprend toujours des autres. À part la télévision, ça m’arrive aussi de chroniquer un peu sur les petites histoires sur ma page.

Des perspectives ?

En plus de ma boutique Harmonie, un magasin mixte qui propose des vêtements, des accessoires de mode, des produits cosmétiques, je suis entrain d’écrire un scénario sur une histoire qui me tient vraiment à cœur. J’essaye aussi de voir comment dire et développer d’autres projets avec d’autres personnes. En tout cas, ma perception de la vie, c’est que je veux réussir dans ma vie, pas réussir dans la vie. Malheureusement, il y a beaucoup de gens qui veulent réussir dans la vie. Moi en tout cas, il faut que j’aie une retraite paisible.

Comment arrivez-vous à concilier plusieurs casquettes ?

J’investis dans pas mal de choses, cela veut dire que je ne suis pas à la tête de tout ce que je fais. Cela nous manque beaucoup en Afrique. Malheureusement, quand les gens veulent investir ils veulent qu’on les voit, moi c’est le contraire. Quand quelqu’un a un projet qu’il me présente et que je trouve bien, tant que les clauses sont claires j’investis et après j’ai un retour. C’est pour ça que je suis un peu partout et en même temps.

Que pensez-vous de l’entrepreneuriat féminin au Burkina Faso ?

Pour moi, c’est important d’entreprendre peu importe. Même s’il faut mettre une petite table devant chez soi pour vendre, c’est une façon d’entreprendre aussi.  Il ne faut pas avoir honte. Malheureusement ce que je vois, il y a beaucoup de femmes qui prétendent entreprendre mais elles sont dans le faux parce qu’elles font croire ce qu’elles ne sont pas. Malheureusement, ça renvoie une fausse information aux plus jeunes. C’est mentir à la nouvelle génération et c’est ce que je trouve dommage. L’autre erreur, c’est de vouloir commencer grand. Il faut aller petit à petit, la vie, c’est des opportunités.

Aïcha TRAORE

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