Arsène Bonossokoum Somda, Directeur général de SOFITEX: « La campagne de production cotonnière se prépare bien »

En marge de la « Fête du coton à Nanou », province des Balés, le samedi 11 mai 2024, L’Express du Faso a tendu son micro à Bonossokoum Gislain Arsène Somda, Directeur général de la SOFITEX et à Nikiébo N’Kambi, le président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB). Message aux producteurs, préparatif de la campagne, prix des intrants et prix d’achat du coton, disponibilité des intrants, aide de l’Etat. Voilà autant de sujets qu’ils ont abordés.

Bonossokom Gislain Arsène Somda, DG SOFITEX
« C’est l’aide du gouvernement que nous attendons pour communiquer le prix des intrants et le prix d’achat du coton aux producteurs »

« La campagne se prépare bien parce que les producteurs ont déjà fait leurs expressions de besoins. Ils ont commandé leurs intrants depuis le mois de septembre 2023. Nous avons tenu les comités de crédit à l’issue desquels nous avons déjà arrêté des superficies et nous sommes en train de déposer les intrants. Nous avons les intrants nécessaires pour la campagne pour les besoins exprimés et nous allons travailler pour que ceux qui n’avaient pas pu faire leurs expressions de besoins, dû à la situation sécuritaire difficile du pays, puissent le faire. Car, aujourd’hui la situation est en train de revenir à la normale. Des zones cotonnières qui n’avaient pas pu produire l’an passé vont pouvoir le faire grâce à la combativité de nos vaillants FDS et VDP. Des villages ont été réinstallés et la sécurité est revenue dans ces villages. Nous sommes allés même dans certains villages pour recueillir leurs besoins en intrants pour la campagne à venir.
Donc, la campagne se prépare bien. La seule attente que nous avons actuellement, c’est le message de notre gouvernement à l’endroit des producteurs de coton. Ce message se manifeste généralement par la subvention, l’aide que l’Etat apporte pour réduire un peu le prix des intrants. C’est cette aide que nous attendons pour communiquer le prix des intrants et le prix d’achat du coton aux producteurs. Dès que nous aurons cette information de la part du gouvernement, le niveau d’aide que le gouvernement va donner, rapidement dès le lendemain nous sommes en mesure de communiquer le prix des intrants aux producteurs ».
Message aux sceptiques
« L’occasion est belle. C’est vraiment la leçon par l’exemple, le message par l’exemple. Ce que nous vivons ici à Nanou, faire un peu plus de 1,300 t/ha, c’est possible. Et ça, c’est un rendement moyen, preuve qu’on a des producteurs qui sont largement au-dessus de 1,300 t/ha. Ce qu’on peut dire aux producteurs, c’est de suivre scrupuleusement les recommandations que les techniciens de la SOFITEX leur conseillent : semer à bonne date, utiliser les intrants comme il se doit, et avec l’accompagnement d’une bonne pluviométrie, normalement tout rentre dans l’ordre comme nous l’avons vécu ici (à Nanou).
Leur secret, c’est d’abord l’utilisation de la fumure organique qui est très pratiquée ici ; le combat contre la vente des intrants ; travailler selon les recommandations des techniciens en suivant leurs conseils ».

Nikiébo N’Kambi, président de l’UNPCB
« Je suis confiant que le gouvernement fera quelque chose pour les producteurs »
« Tout d’abord j’adresse des mots de remerciement aux producteurs. Et ajouter que, quand c’est dur, seuls les durs avancent. Je félicite les gens de Nanou. A l’annonce des prix (des intrants : ndlr) l’année dernière, on se demandait comment les producteurs allaient s’en sortir ? Mais le producteur professionnel a ses techniques propres à lui. Les techniques que ceux de Nanou ont développées, les ont même amenés à produire 1,300 t/ha. Ce n’est pas petit, c’est à féliciter.
Ensuite, je demande aux autres collègues qui tirent nos rendements vers le bas, qui ne sont pas professionnels, de copier l’exemple des producteurs de Nanou. C’est dur, les difficultés ne manquent pas, mais quand il y a des difficultés il faut savoir aussi associer ses techniques personnelles pour s’en sortir. Si on dit à mille personnes de courir, c’est ceux qui ont de vraies techniques qui vont arriver. La course de fond est différente de la course de vitesse. Donc, quand il y a des difficultés, traces tes propres plans et tu vas t’en sortir.
Sinon avec ces prix des intrants annoncés l’an passé, on ne savait pas que les producteurs allaient fêter. Voilà l’exceptionnel qui nous réjouit et qui encourage tout le monde. C’est dire que le coton nourrit son homme. Si le coton nourrit son homme, pourquoi ne pas vulgariser les techniques avec les autres pour qu’ils se nourrissent de leurs produits. Mon message est de dire aux uns et aux autres, qu’en marge de l’engrais chimique, la fumure organique est indispensable aujourd’hui parce que nos terres sont appauvries. Ici (à Nanou), chaque foyer a jusqu’à trois fosses fumières. Ils produisent eux-mêmes la fumure organique pour enrichir leurs sols. C’est à féliciter, j’appelle tous nos cotonculteurs à copier l’exemple de Nanou.
Aussi, je dis à tout le monde de ne pas avoir peur. Quelles que soient les difficultés du papa, il ne va pas laisser son enfant se noyer. Je suis confiant que malgré les difficultés le gouvernement fera quelque chose pour les producteurs. Ils n’ont qu’à s’armer de courage, et avec l’accompagnement du gouvernement, on va produire le coton et on va produire les céréales pour l’autosuffisance alimentaire ».

Propos recueillis et retranscrits par
Aly KONATE
alykonat@yahoo.fr

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