Au palais de justice :il tue son bienfaiteur

L’accusé S.U comparaissait devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso, le 17 novembre 2025. Il est accusé d’avoir donné volontairement la mort à une personne, son bienfaiteur, à l’aide d’un bois de chauffe.

 

Les faits se sont déroulés dans la nuit du 12 avril 2019 sur l’axe Bobo-Dédougou.  Un acte de bienfaisance qui s’est terminé en un drame.  En effet, la victime J. S conduisait un  tricycle le  jour des faits. Il s’est rendu sur la route de Dédougou pour transporter des marchandises. A son retour, il constate que  S.U est en  panne avec sa motocyclette. Celui-ci lui demandé de l’aider pour qu’il puisse arriver à destination. C’est ainsi que J.S a décidé de le secourir en l’embarquant avec sa moto dans son tricycle. En pleine circulation, S.U profite d’un endroit obscur pour prendre un bois de chauffe du même tricycle pour donner des coups à son  conducteur, entrainant sa mort. Pour retrouver le présumé auteur de ce crime, les enquêteurs ont mené des investigations qui ont permis de mettre la main sur le nommé S.U. En enquête préliminaire, il reconnaissait les faits.

 

11 ans de prison ferme en premier ressort

 

Jugé en premier ressort  lors des assises criminelles de juin  2022, il a écopé de 11 ans de prison ferme. A suite de la première décision de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bobo, il a  fait appel. Devant la Cour, il  a tenu à préciser que le motif de son appel n’était pas pour demander une diminution de peine, mais pour demander pardon aux autorités et aux membres de famille du défunt. « J’ai regretté l’acte que j’ai commis. Je demande à la Cour ainsi qu’à la famille de la victime de me pardonner. Je ne sais pas ce qui m’a entrainé dans cette situation », regrette-t-il.

La famille du défunt était représentée par un grand frère du défunt. Ce dernier a, au nom de toute la famille, demandé qu’il purge sa peine d’abord avant que la famille  ne se prononce sur le pardon.

Le Parquet a rappelé que la victime a voulu aider l’accusé, mais les choses ont mal tourné. Il ajoute que selon un rapport psychiatrique, l’accusé souffre de troubles mentaux liés à la consommation de tabac et qui se manifestent de façon sporadique. Dans ses réquisitions, il demande à la Cour de requalifier les faits d’assassinat en des faits d’homicide volontaire et de réduire la peine de 11 ans à 07 ans d’emprisonnement ferme. La Cour a mis le dossier en délibéré pour le 08 décembre 2025.

 Ben Alassane DAO