Ils sont libres ; ils ont rejoint leurs familles. Quelle ne fut la joie des parents, des amis, des collègues, des défenseurs de droits humains et de simples Burkinabè quand ils ont appris que Boukary Ouoba, Luc Pagbelguem, Kalifara Séré, James Dembélé et autres ont été libérés et ont rejoint leurs familles. « Enlevés » pour les uns, « arrêtés » pour les autres et conduits au front pour toucher du doigt la réalité du combat du peuple burkinabè contre les groupes armés terroristes, ils sont désormais libres de leurs mouvements.
Ces libérations, comme d’autres qui vont certainement suivre, sonnent sans doute comme étant la volonté du pouvoir de dégeler l’atmosphère sociopolitique et réconcilier les Burkinabè et envisager tous ensemble l’avenir de notre pays dans la sérénité. Ce qui est à saluer et nous ne cesserons de le répéter. Les Burkinabè sont désormais convaincus et veulent se rassembler pour mener le combat de l’indépendance véritable, de la souveraineté et de la dignité. Il suffit de leur donner l’occasion.
Autant aucun pays ne peut se construire dans le désordre, l’indiscipline et la pagaille, autant on ne peut construire un pays dans la peur, dans la division et l’antagoniste permanent. Les Burkinabè ont besoin qu’on les rassure ; qu’on leur permette de se rassembler et hisser haut le drapeau de leur pays au son du ditanyè, leur hymne national. La lutte pour la liberté, l’indépendance et la souveraineté ne peut se faire que dans la cohésion et l’unité. Comme a longtemps été le cas, à travers les générations.
Ils sont unanimes à reconnaitre que les actions engagées par le pouvoir contre les groupes armés terroristes ont permis d’engranger des résultats probants. Des régions ou des localités jadis occupées par ces fous de la mort sont aujourd’hui libérées et les populations vaguent tranquillement à leurs occupations. C’est réel, c’est vérifiable sur le terrain. Sauf ceux qui ne veulent pas voir, contestent cette réalité. Des terres ont été libérées et les producteurs sont retournés dans les champs pour cultiver et atteindre l’autosuffisance alimentaire. Il n’y a donc pas de doute que si le climat sociopolitique est dégelé, les Burkinabè relèvent ensemble les nombreux défis auxquels ils sont confrontés.
Il reste certes des zones, notamment à l’Est, au Sahel, au Nord et dans la Boucle du Mouhoun à libérer ou à consolider. Et cela ne saurait durer au regard de l’engagement des Forces de défense et de sécurité et des Volontaires pour la défense de la patrie. Le Burkina Faso n’est plus ce pays où des terroristes pouvaient se permettre le luxe d’aller d’une localité à une autre sans la moindre crainte d’attaque.
Il est vrai que la situation sécuritaire est venue remettre en cause de nombreux acquis tant sur le plan des infrastructures socio-économiques que sur le plan psychologique. Heureusement que les Burkinabè ont vite compris que l’un des combats des groupes terroristes était de saper leur moral afin de les empêcher de prendre leurs responsabilités et faire face à leur avenir.
Dabaoué Audrianne KANI
