Quand on se rend compte que ce sont toujours les mêmes hommes politiques qui créent les mêmes problèmes en côte d’Ivoire pendant les élections, on a envie de crier sa colère. Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Blé Goudé, Guillaume Soro… sont encore les vedettes de l’élection présidentielle qui aura lieu en octobre prochain. Les uns parce qu’ils ont été exclus après avoir perdu leurs droits civiques et politiques suite à des condamnations, l’un pour un quatrième mandat de trop et qui crée des problèmes.
Le nouveau venu dans cette lagune Ebrié aux eaux troubles, c’est Tidjane Thiam. Lui aussi exclu pour n’avoir su se séparer à temps de sa nationalité française. Aussi, pendant que les uns marchent dans les rues d’Abidjan pour réclamer leur inscription sur la liste électorale et de fait leur participation à la présidentielle, l’autre, le président Ouattara est convaincu que l’élection aura bel et bien lieu. Avec ses partisans, ils préparent sereinement le scrutin pour sa réélection pour un mandat de cinq ans.
Le véritable problème politique en Côte d’Ivoire, c’est le « moi ou rien » ou cette sorte d’animosité féroce entre les hommes politiques. Politiquement, Alassane Ouattara ne veut voir l’ombre de Laurent Gbagbo. Qui, de son côté, le lui rend au centuple. Guillaume Soro de son côté ne veut sentir, même en peinture, Alassane Ouattara qu’il considère comme celui par qui, tous ces déboires politiques ont commencé. Alors que si lui et ses camarades n’avaient pas pris les armes en 2002 et fait la rébellion, il ne serait probablement jamais arrivé au pouvoir.
Après trois mandats (soit 15 ans au pouvoir) et à l’âge de 83 ans, l’on peut bien se poser la question de savoir ce qu’Alassane Ouattara veut faire au pouvoir qu’il n’a pas déjà fait. A moins que son objectif soit de mourir au pouvoir, il aurait pu trouver dans les rangs du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) un candidat qu’il soutiendrait et qui pourrait remporter l’élection. Ce ne sont pas les cadres qui manquent. Malheureusement, c’est le « moi ou rien ».
Quant à Laurent Gbagbo, après dix ans au pouvoir même si c’était en période de crise, il n’a certainement plus rien à prouver. Surtout à 80 ans. Il aurait pu trouver dans son parti un camarade qu’il présenterait à la présidentielle. Malheureusement, là aussi, c’est le « moi ou rien ». C’est ce qu’a compris Ahoua Don Mello, son fidèle parmi les fidèles, qui l’a quitté et a présenté sa candidature à la présidentielle.
Guillaume Soro et Charles Blé Goudé, tous jeunes, n’ont rien à perdre. Il leur suffit de savoir patienter. Il en est de même pour Tidjane Thiam qui pourrait jouer un grand coup en 2030. Il suffit pour lui aussi de savoir attendre son temps. Les élections législatives de mars 2026 constitueront un véritable test pour certains d’entre eux. Peut-être que d’ici là, des mesures pourraient être prises pour leur permettre de s’inscrire sur la liste électorale, synonyme de participation aux élections.
Dabaoué Audrianne KANI
