Autant le dire : Elimination de nos représentants en coupes de la CAF, pas une surprise !

L’aventure africaine des clubs burkinabè s’est arrêtée prématurément dès les premiers tours préliminaires des Coupes de la CAF, en septembre 2026. L’équipe de Vitesse FC vainqueur de la Coupe du Faso et le Rahimo FC, champion du Burkina et vainqueur de la Super coupe AJSB 2026, ont tous les deux échoué à franchir le premier tour de la compétition continentale. Vitesse FC, le club fondé par Mamadou Zongo dit Bebebo, s’est incliné (1-2) à l’aller à Ouagadougou devant l’AS Réal de Bamako (Mali) tandis que Rahimo FC de l’ancien international Rahim Ouédraogo a été lourdement défait par le MAS de Fès (Maroc).

Malgré leurs matchs nuls (0-0) au retour des matchs préliminaires, le samedi 12 septembre 2026 à Ouagadougou et le vendredi 11 septembre à Bamako, Vitesse FC et Rahimo FC, les deux clubs de l’élite burkinabè n’ont pas réussi à créer la surprise. Surprise parce qu’une qualification de nos représentants en campagne africaine relèverait vraiment du miracle. Une situation chaotique qui se répète chaque année et qui interpelle plus d’un. Aussi, la présente campagne doit servir de leçon et de point de départ. Pour franchir le cap africain, nos clubs doivent continuer à se structurer, à renforcer leurs effectifs et à mieux préparer ces rendez-vous continentaux. Mais pas seulement ! Tous les acteurs du football, à commencer par les dirigeants, les encadreurs, les supporters et les journalistes sportifs doivent se remettre en cause. Posons-nous juste une question simple parmi tant d’autres : qu’avons-nous fait et que faisons-nous pour améliorer les performances de nos clubs ? La gestion d’un club exige un minimum de sérieux. Ce n’est pas de l’amateurisme. Ce n’est non plus une entreprise dans laquelle on investit pour récolter des dividendes aussitôt ! L’objectif commun doit être le résultat. Rahim Ouédraogo, avec son Rahimo FC et Mamadou Zongo avec son Vitesse FC, par exemple ont beau se battre comme de beaux diables et en investissant beaucoup de gros moyens, la Fédération a beau doublé ou triplé les subventions ou les primes des clubs, tant qu’ils seront accompagnés par des gens qui prétendent aimer le football et animés par la quête du gain facile, ce sera l’éternel recommencement.

Le Real Madrid ou encore le Barça FC, ces grands clubs européens auxquels on veut ressembler, n’ont pas atteint ce niveau par coup de hasard. Si nous voulons un football burkinabè fort, il faut que nous construisions nos clubs. Alors soutenons, supportons et dirigeons dans la franchise et quittons dans l’affairisme. Auréolée d’un beau parcours en championnat national couronné par le titre à quatre journées de la fin, les Académiciens de Bama ont vu leur parcours s’arrêter une deuxième fois consécutive avant la phase de poules, après avoir été éliminés au deuxième tour préliminaire il y a une année en Ligue des champions africaine. Pour ce qui concerne Vitesse FC, d’aucuns pourraient les dédouaner en ce sens que l’apprentissage s’avère dur, surtout quand on joue pour ses grands débuts. Cependant, il est impératif de se remettre au travail et d’établir une ligne conductrice audacieuse. L’épopée de Salitas en 2019 et 2020, qui constitue l’exemple le plus récent, doit inspirer plus d’un. Il est essentiel de constituer un effectif de bonne qualité, construit sur une période assez étendue. Il faut cesser d’improviser et mettre en place des projets d’équipe bien ficelés, en gardant à l’esprit la campagne africaine à venir. Il faut que la phase de groupes ou même les demi-finales de la Coupe CAF ou de la Ligue des Champions, soit un objectif pour nos clubs dès le début de saison et non une surprise.

Ousmane TRAORE