
Les Burkinabè, notamment ceux des villes et de l’extérieur du pays, qui en réalité vivent le phénomène du terrorisme de loin, doivent dépassionner les débats. Le terrorisme, il faut le vivre réellement pour mieux l’appréhender. Quand des gens qui, sans armes ne représentent rien, arrivent dans votre localité et vous tiennent en respect pendant plusieurs jours, tuent, volent et au finish vous chassent de chez vous en pleine journée, cela peut justifier parfois les réactions des Volontaires pour la défense de la patrie et des Forces de défense et de sécurité qui eux, sur le terrain, sont au cœur du phénomène. En outre, quand vous avez dans votre localité des personnes qui les hébergent ou qui collaborent directement avec ces criminels, vous êtes animés de toute la rage possible quand vous avez l’occasion de vous défendre.
En vérité, le terrorisme n’est pas un phénomène propre à la communauté peule. Les Peuls ne sont pas des terroristes ; les terroristes ne sont pas non plus des Peuls. Parmi les terroristes, il y a pratiquement toutes les ethnies qui composent le Burkina Faso. Là encore, il faut avoir vécu le phénomène pour le savoir. Ce n’est pas parce que quelqu’un s’exprime dans la langue d’une ethnie qu’il est forcément de cette ethnie. Tous ceux qui s’expriment en dioula ne sont pas des Dioulas ; de même tous ceux qui s’expriment en mooré ne sont pas des Mossis et ainsi de suite. Il nous faut éviter de faire l’amalgame et rester focus sur nos objectifs. Quelle que soit la langue dans laquelle les terroristes s’expriment, notre objectif est de les neutraliser, de reconquérir l’intégrité de notre territoire, de vivre ensemble, en sécurité et en paix et développer notre pays.
Le terrorisme nous a fait suffisamment de tort. Par conséquent, il est malvenu que nous nous combattons entre nous. Le terrorisme, il est clair, va prendre fin très bientôt. Les indices sur le terrain montrent à suffisance qu’il est à l’agonie. Aussi, il ne faudrait donc pas qu’un autre problème, communautaire comme certains sont en train de l’imaginer et de le créer, surgisse après. Ce qui est sûr, le problème de la communauté peule, comme bien d’autres communautés, sera posé tôt ou tard. Mais autrement et non pas comme on tente de l’imposer. Car, vivre ensemble suppose que chacun connaisse sa place, partout où il se trouve, sur l’étendue du territoire national.
Dabaoué Audrianne KANI