
Les Burkinabè ont célébré la victoire des Lions de la Teranga (l’équipe du Sénégal) sur ces autres Lions de l’Atlas (l’équipe du Maroc). Pendant le match, ils étaient nombreux à s’offusquer et à dénoncer les décisions de l’arbitre qui, après avoir refusé d’accorder un but à l’équipe du Sénégal, a sifflé contre elle un penalty. Nombreux sont encore ceux qui étaient d’accord que les Sénégalais quittent le terrain et qu’on donne directement la coupe au Maroc. Quand le match a repris, ils étaient plus nombreux à prier pour que Brahim Diaz rate son penalty. Quelle ne fut alors leur grande joie quand Edouard Mendy, le gardien de but sénégalais, arrête le ballon.
Puis après, ils sont tous entrés en prière pour que le Sénégal remporte la victoire, donc la Coupe. Parce qu’ils ne pouvaient pas accepter une telle tricherie, à ciel ouvert dont le corps arbitral dans son ensemble, est le complice. Par contre, ils étaient prêts à célébrer la « victoire » de l’équipe sénégalaise, même si le Sénégal perdait. Parce que, ça ne serait plus une décision du football, mais de l’arbitre qui aura décidé comme l’avait dit Bertrand Traoré après le match Burkina Faso contre l’Algérie, de « niquer le match ». Il avait été sanctionné d’une amende de 20 000 dollars US pour ça.
Puis, très engagés et déterminés à ne pas laisser voler leur victoire, les Sénégalais marquent un but. Et cadenasse le match jusqu’à la fin du sifflet final. L’arbitre n’a rien pu faire d’autre pour « aider » son Maroc. Qui doit encore attendre un titre continental.
Ce qui est, entre autres, intéressant dans ce match c’est le soutien quasi-unanime dont l’équipe du Sénégal a bénéficié de la part de nombreux pays africains, notamment d’Afrique de l’Ouest. Que ce soit au Mali, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Niger, en Guinée, … en plus des amoureux du football, des populations anonymes ont apporté leur soutien au Sénégal. Non pas seulement à cause de l’injustice de l’arbitre, mais tout simplement parce qu’ils sont plus proches des Sénégalais avec lesquels ils partagent des valeurs culturelles, sociales et historiques.
Si nos chefs d’Etat et autres politiciens pouvaient bien décrypter et comprendre ce message très profond qui, en réalité, leur est adressé. Les peuples de l’Afrique de l’Ouest sont les mêmes. Mieux, l’intégration est telle que rien, absolument rien, ne peut les opposer encore moins les diviser. C’est pourquoi, au-delà de leurs calculs purement politiciens et leurs propres égos, les chefs d’Etat ouest-africains doivent se ressaisir et travailler véritablement à ne pas créer des frontières entre les peuples. Qu’ils aient le courage de dire, par la même occasion, à leurs activistes et autres influenceurs (comme ils les appellent) de ne pas activer la haine ou influencer négativement les peuples de l’Afrique de l’Ouest. Ils aspirent à vivre ensemble, à se soutenir encore davantage comme ils l’ont toujours fait. Ce qui est d’autant plus vrai dans un monde actuellement en crise. Comme quoi, on pourrait dire « faites votre bagarre, mais ne mettez pas notre bouche dedans ». Nous avons besoin de cohésion, d’unité et de paix.
Dabaoué Audrianne KANI