
Discours, pause, questions, pause, réponses… C’est le menu ainsi composé de la longue et fastidieuse journée du vendredi 30 janvier 2026 consacrée au Discours sur la situation de la nation. Discours prononcé par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo devant les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT). Longue et fastidieuse journée parce que pour tout comprendre, il fallait tout suivre de 9 heures début du discours à la fin des réponses aux environs de 19 heures.
D’abord le discours du Premier ministre qui a duré environ une heure et demie. Même si le contenu était intéressant et captivant et la forme aussi (le Premier ministre est un grand orateur), il faut convenir qu’il est difficile pour un travailleur à son poste de rester devant un téléviseur pendant une heure et demie en train de suivre un Discours, fut-il sur l’état de la nation. Aussi, ce sont des séquences de discours que beaucoup de Burkinabè ont pu suivre. Certains se sont contentés des petites vidéos publiées par les médias sur les réseaux sociaux.
Ensuite, est intervenue une première pause au cours de laquelle les députés, par groupe parlementaire, ont préparé leurs questions. Avaient-elles toutes un lien avec la situation présentée par le Premier ministre pour une question de cohérence ? Difficile de le savoir car non seulement de nombreux Burkinabè n’ont pas pu suivre l’entièreté du discours, mais non plus toutes les questions des députés, auxquelles il était consacré deux heures de temps.
Après ces questions des députés, est intervenue une seconde pause afin de permettre au Premier ministre, à ses techniciens et aux membres du gouvernement de préparer leurs réponses. Sans doute que c’était aussi l’occasion de se refaire des forces.
Enfin, pour écouter les réponses aux questions posées, il fallait une fois de plus revenir devant un téléviseur ou un transistor. Ce qui n’était pas évident. Autant dire que cela n’a pas été possible pour de nombreux Burkinabè qui auraient bien voulu savoir l’état exact de la situation de leur nation. Mais hélas !
Pour ce qui est du fond, il faut noter que le Premier ministre a choisi de dire la vérité aux Burkinabè. Autrement, il a présenté la situation de la nation telle qu’elle est. Sur la reconquête du territoire national, il aurait pu dire que tout va bien et donner un taux de reconquête plus élevé, juste pour faire plaisir. Mais, il ne l’a pas fait et a dit ce qu’il en est réellement. Il en a été de même pour ce qui concerne la réalisation d’infrastructures routières, de santé, d’éducation. Pouvait-il en être autrement quand on sait que les autorités au plus haut niveau ont choisi de dire la vérité aux Burkinabè ? Journaliste, le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo sait aussi que les faits sont sacrés et les tronqués est un parjure.
En outre, l’option de la Révolution progressiste populaire (RPP) exige la vérité, l’honnêteté et la dignité. En aucun cas on ne peut construire une nation forte sur du mensonge. Les Burkinabè connaissent désormais la situation de leur nation, les orientations qui sont prises de même que les défis qui nous attendent.
Dabaoué Audrianne KANI