Autant le dire… : Maintenant, « on doit devoir aller vite » car « tout est urgent » !

Les participants aux assises nationales des 14 et 15 octobre l’ont confirmé chef de l’Etat, président du Faso. Pouvait-il en être autrement quand on sait que l’article 5 de l’avant-projet de charte stipulait déjà que le « Président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration est le Président du Faso, Chef de l’Etat » ? Mieux, depuis cette date du 30 septembre, début des événements ayant abouti au coup d’Etat du 2 octobre, des sympathisants du Capitane Ibrahim Traoré ont mis la pression et quiconque en garde si jamais leur champion n’était pas désigné président du Faso.

Les participants aux assises nationales ont dû tordre le coup à leur agenda pour examiner dans l’urgence l’article 5 de la Charte de la transition afin de le consacrer président du Faso avant de poursuivre. Du reste, il ne pouvait venir à l’esprit d’aucun participant aux assises de croire et de dire le contraire.

Le Capitaine Ibrahim Traoré est donc le président du Faso. Même s’il doit prêter serment devant la Cour constitutionnelle afin d’être définitivement consacré. En attendant, comme il l’avait lui-même dit, au cours de sa première rencontre avec les secrétaires généraux des départements ministériels, « au Burkina Faso, tout est urgent » ; « on doit devoir aller vite » pour « faire en trois mois ce que nous aurions dû faire pour le reste de l’année ».

Il ne reste donc plus rien à faire et tout doit effectivement aller très vite. Si le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba avait pris assez de temps pour mettre en place les organes de la transition, Ibrahim ne devra pas bénéficier ni de ce temps, ni de temps de grâce ou de répit. Les groupes armés terroristes ne lui accorderont pas non plus ce temps.

Il le sait mieux que quiconque, qu’il est très attendu sur le terrain de la lutte contre l’insécurité et le terrorisme. C’est d’ailleurs par cette raison qu’il a justifié son coup de force. L’attaque de Silmandji ce samedi 15 octobre qui a fait une dizaine de morts dont trois soldats, perpétrée au lendemain de sa consécration vient comme un avertissement pour lui rappeler ce qu’il sait déjà : la tâche ne sera pas de tout repos.

A ce titre, les participants aux assises n’ont pas eu tort de le confirmer à la présidence du Faso. Pour ce faire, personne n’a besoin de lui conseiller de quitter les bureaux feutrés du palais présidentiel pour aller au front. Mais pour le réussir, il doit pouvoir remobiliser à ses côtés toutes les forces combattantes. Ce qui n’est pas déjà gagné quand on sait que l’armée dans son ensemble a mal à sa cohésion après ces deux coups d’Etat en l’espace de huit mois.

Dans un second tableau, Ibrahim Traoré doit faire fonctionner très rapidement l’administration en composant un véritable gouvernement de combat, avec des hommes et des femmes convaincus et convaincants. Il doit pouvoir aller trouver ces gens-là et les convaincre (comme tous les Burkinabè) que ce qui est en jeu, c’est la survie de la nation. Au boulot, donc !

Dabaoué Audrianne KANI

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