
« L’État burkinabè a annoncé, dans un communiqué daté du 6 novembre 2025, la clôture réussie de son opération d’emprunt obligataire par appel public à l’épargne. Menée du 22 septembre au 17 octobre 2025, cette émission a permis de lever 131,355 milliards de francs CFA, dépassant ainsi l’objectif initial fixé à 120 milliards, soit un taux de couverture de 109,5% », a rapporté le 11 novembre dernier notre confrère lefaso.net. Citant le ministre burkinabè de l’Economie et des Finances, le média en ligne explique que « cette performance témoigne de la confiance renouvelée des investisseurs et épargnants, dans la résilience de l’économie nationale et la gestion des finances publiques ».
Cet emprunt obligataire par appel public à l’épargne réussi par le gouvernement du Burkina Faso et dont les objectifs ont été dépassés, n’est pas le premier du genre. Plusieurs autres avant lui ont mobilisé les investisseurs et épargnants et ont connu le même résultat. Cette confiance des investisseurs et des épargnants ne doit pas être un facteur d’autosatisfaction mais plutôt une invite à plus de rigueur et de transparence dans la gestion des finances publiques et la satisfaction effective des besoins des Burkinabè en termes de développement et de prospérité. Autrement, les fonds ainsi collectés doivent être effectivement orientés dans les secteurs prioritaires pour lesquels ils ont été collectés. Car en effet, c’est beaucoup plus de cela qu’il s’agit et non pas seulement de la capacité du gouvernement à mobiliser des fonds.
Le Burkina Faso, en termes de développement, est véritablement en retard. Que ce soit dans le domaine des infrastructures routières, de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’eau et à l’électricité, de l’assainissement, de l’agriculture, de l’industrie de transformation pour ne citer que ces secteurs, le retard de développement est assez grand. Même si comparaison n’est pas raison, il suffit de faire un petit tour dans des pays proches de nous pour se rendre à l’évidence que nous avons de gros efforts à faire.
Mais comme on aime à le dire et à le répéter, le gouvernement du Burkina Faso, quelle que soit sa volonté et quels que soient les moyens dont il dispose, ne peut à lui seul réaliser le développement auquel nous aspirons. On n’impose pas le développement et le bien-être à un peuple quand bien même dans certaines circonstances on est parfois obligé de faire le bien d’un peuple à sa place.
Aussi, les Burkinabè des villes et des campagnes, collectivement ou individuellement, doivent se mobiliser comme ils le font déjà à travers diverses initiatives personnelles ou collectives pour enfin faire du développement du pays une priorité et une réalité. Le développement ne viendra jamais d’ailleurs. Tous les peuples à travers le monde ont, à un moment de leur existence, pris leurs responsabilités et ont décidé de se développer, de ne plus dépendre de qui que ce soit. Au moins dans certains secteurs qui touchent directement à leur souveraineté, à leur indépendance et à leur dignité. Il semble que c’est à ce stade que se trouvent les Burkinabè. C’est maintenant ou plus jamais. Car demain sera trop tard.
Dabaoué Audrianne KANI