Autant le dire : mendiants dans les rues, il faut les envoyer dans les champs de production

1 911 personnes. Dont 1 396 enfants. Parmi lesquels, 1 046 sont des talibés (c’est-à-dire des enfants confiés par leurs familles à des marabouts pour apprendre le coran). Qui sont, très souvent, obligés de mendier dans les rues, dans un premier temps, pour subvenir à leurs propres besoins, et dans un second temps, à ceux de leur maitre. Ce sont ces personnes-là que les services du ministère de la Famille et de la Solidarité ont raflées dans les rues de Ouagadougou. Ces personnes qui ne sont pas obligatoirement nécessiteuses, ont été réorientées vers des structures compétentes pour y être prises en charge. Au frais du contribuable. Tout simplement parce que des individus n’ont pas pleinement joué leur rôle.

En effet, la protection des personnes et de leurs biens est de la responsabilité de l’Etat qui dispose des moyens pour ça. Cependant, la première cellule de protection de la personne et notamment de l’enfant est d’abord la famille. Si aucune personne, aucun enfant ne doit se retrouver dans la rue en position de mendicité, il incombe en premier à la cellule familiale d’assumer son rôle de protection de la personne et de l’enfant.

A cet effet, l’article 23 de la Constitution dit que « La famille est la cellule de base de la société. L’Etat lui doit protection ». Plus loin, le même article insiste que « les parents ont le droit naturel et le devoir d’élever et d’éduquer leurs enfants. Ceux-ci leur doivent respect et assistance ». Pour sa part, l’Etat, selon l’article 24, « œuvre à promouvoir les droits de l’enfant ». Il faut que chacun joue correctement son rôle. On ne peut pas permettre que des gens mettent au monde des enfants et les envoient chez des marabouts pour ensuite les retrouver dans les rues en train de mendier. Si les écoles coraniques traditionnelles chez des marabouts de quartiers sont reconnues, alors que l’Etat prenne ses responsabilités pour préserver l’intégrité des enfants. Au cas contraire, il faut les fermer.

Pour ce qui est des enfants mendiants récupérés dans la ville de Ouagadougou, il faudrait rechercher leurs parents et les mettre devant leurs responsabilités. Idem pour les marabouts qui les accueillent et qui les mettent dans les rues. Car, s’ils ont accepté de les accueillir, ils doivent prendre toutes les dispositions pour leur assurer de bonnes conditions d’apprentissage afin qu’ils ne se retrouvent pas dans les rues.

Quant aux enfants raflés, ils doivent être insérés dans les structures publiques pour y faire de l’apprentissage. Ceux qui le peuvent, doivent être envoyés dans les champs pour aider à la production agricole. Ce n’est pas faire travailler des enfants, mais c’est une forme d’immersion patriotique qui leur permettra de comprendre que leur place n’est pas dans les rues à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso ou dans toute autre ville du Burkina.

En outre, les organisations religieuses, notamment musulmanes, doivent travailler à enseigner et sensibiliser les marabouts et les parents que la religion musulmane n’a en aucun cas prescrit la mendicité comme une obligation. Apprendre le coran, oui ; mais envoyer des enfants dans les rues pour mendier, non.

Dabaoué Audrianne KANI