Pendant tout jeûne musulman couronné par la prière du Ramadan ce lundi 21 mars, les musulmans étaient dans la prière. Pendant ce temps, les chrétiens qui observent eux-aussi le carême chrétien, sont toujours dans la prière. Tous ont prié et continuent de prier pour la paix et la sécurité au Faso. Dans son message adressé aux musulmans et à travers eux l’ensemble des Burkinabè, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré est encore revenu sur la nécessité pour chaque Burkinabè de cultiver la solidarité et l’esprit de partage qui nous permettront d’aller vers la paix et la prospérité. En un mot, le vivre-ensemble. La grâce amnistiante accordée à 21 militaires impliqués dans les évènements des 15 et 16 septembre 2014 est un acte concret. Les adeptes de la religion traditionnelle, de leur côté, ne manquent aucune occasion pour implorer les mânes de nos ancêtres d’intercéder auprès de Bon Dieu afin qu’il nous accorde la paix, la sécurité et la cohésion sociale.
Au-delà de toutes ces prières, invocations et autres incantations, les Burkinabè doivent aller au-delà pour adopter des comportements nouveaux et poser enfin des actes concrets conformément à leurs souhaits et vœux. Tout porte à croire (et c’est une évidence) qu’on ne peut vouloir une chose et son contraire. Il faut le dire, les Burkinabè ne sont pas honnêtes avec eux-mêmes. On a même l’impression que dans leur majorité, ils sont en conflit avec la vérité ; tellement tout, ou presque, est faux ! Même dans son lit d’hôpital à l’agonie quand on demande à un Burkinabè si ça va, il dira toujours mécaniquement que ça va. C’est de l’hypocrisie !
Il est admis de tous que ces combats comme ceux que nous menons contre le terrorisme, l’ignorance, l’indépendance, la souveraineté et la dignité de notre peuple, ne peuvent être remportés que si nous nous disons la vérité. La réconciliation nationale, la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble que nous prônons quotidiennement ne peuvent être une réalité que si nous acceptons de nos regarder face-à-face et de nous dire certaines vérités. Si nos devanciers ont pendant des périodes très difficiles vaincu l’ennemi et remporté des victoires, c’est parce qu’à un moment donné, ils ont accepté de se dire la vérité en se fondant sur certaines valeurs qu’aucun peuple ne peut méconnaître s’il aspire à la prospérité.
Etre Burkinabè est tout un programme voulu par les Révolutionnaires de 1983 et accepté par les Burkinabè. Le Burkina Faso, pays des hommes intègres est tout un programme également. Combien sont-ils encore les Burkinabè qui savent et qui adoptent des comportements d’hommes intègres ? Combien sont-ils à penser d’abord intérêts communs et partagés avant de penser intérêt individuel ? Combien sont-ils à se demander chaque matin ce qu’ils doivent faire pour leur pays avant de se demander ce que leur pays doit faire pour eux ? A la limite, au risque de se tromper, on pourrait dire que ce sont eux pour qui le pays a fait beaucoup de choses qui font peu de choses pour leur pays. C’est honteux et indigne !
Dabaoué Audrianne KANI
