
Malgré la présence des services de l’Office national de la sécurité routière (ONASER) accompagnés de la police municipale ou nationale, les accidents de la circulation sont autant mortels qu’ils l’étaient. Si on accuse les défaillances techniques dues souvent au manque de visite technique ou à la vétusté de certains véhicules, le non-respect du code de la route, les excès de vitesse, il ne faut pas perdre de vue que nos routes et rues sont encombrées. Non pas seulement parce que les usagers circulent dans un désordre indescriptible, mais parce que nous sommes un peu trop nombreux sur des rues parfois très étroites.
L’exemple de la route nationale n°1, Ouagadougou-Bobo-Dioulasso est une belle illustration de l’étroitesse de nos routes. Aujourd’hui, pour rallier les deux plus grandes villes du pays distantes de 365 kilomètres, il faut passer au moins sept heures de temps. Parce qu’à cause du flux de véhicules dans la circulation et la présence des équipes de l’ONASER, on ne peut rouler qu’à une vitesse inférieure ou tout au plus à 100 km/h. Malgré tout, il s’y passe régulièrement des accidents de la circulation.
Dans certaines villes comme Bobo-Dioulasso par exemple, le nombre de véhicules a accru depuis les dix dernières années. Alors qu’aucun aménagement des rues n’a été fait pour en tenir compte. En outre, des engins comme ces tricycles n’étaient pas prévus dans le plan d’aménagement des rues. Dont certaines sont si petites que le danger et les risques d’accidents sont élevés quand automobilistes, motocyclistes, conducteurs de tricycles, charretiers, cyclistes et piétons s’y retrouvent en même temps. Et où chacun se débrouille comme il peut pour se frayer un passage. Celles qui sont assez grandes, comportent rarement de la signalisation horizontale. Par ailleurs, les heures de circulation des gros camions et autres poids lourds ne sont pas toujours respectées. Occasionnant ainsi plus d’accidents à ces heures précises.
C’est aussi le lieu de le dire. La plupart des usagers motocyclistes, conducteurs de tricycles et cyclistes, ne disposent pas du minimum indispensable en matière d’éducation à la circulation routière. Autrement, c’est sur le tas qu’ils ont appris ou apprennent le code de la route et les bonnes manières en matière de circulation routière. Il est par conséquent difficile de demander à des usagers qui n’ont rien appris de la circulation, d’être disciplinés. Ce n’est donc pas les sorties épisodiques des services de l’ONASER et de la police qui suffiront à règlementer la circulation. Ce, d’autant que ce n’est pas partout qu’ils sont présents quand ils sortent.
La solution aux accidents de la circulation, dans nos villes et sur les routes interurbaines n’est certainement pas pour demain. Car, il s’agit d’une conjugaison de plusieurs facteurs auxquels il est difficile de pallier en même temps.
Quand on ajoute à tout cela l’intolérance notoire et la méchanceté de certains usagers dans la circulation, il faut certainement plusieurs opérations spéciales suivies de véritables occasions de sensibilisation, à défaut de la fermeté, pour contraindre certains usagers au respect du code de la route. Et espérer ainsi réduire le nombre d’accidents autant dans les villes que sur les routes interurbaines.
Dabaoué Audrianne KANI