A l’instar des autres villes du Burkina Faso le métier de gérant de parking n’est plus une activité à redouter dans la ville de Bobo-Dioulasso. Son service est toujours sollicité au quotidien, que ce soit dans les marchés, les cérémonies, les hôpitaux, les écoles et universités. En plus d’assurer la sécurité des engins, ce métier constitue une véritable source de revenus pour les jeunes qui y travaillent. Notre équipe a fait le tour des parkings du marché de fruits et légumes, le mardi 4 août 2026, afin de constater la réalité.
Le métier de parkeur consiste pour celui-ci à accueillir, veiller et gérer le stationnement payant des engins dans les espaces publiques et privés. Installé à son lieu de travail dès la première heure de la journée, le gérant de parking assure la sécurité des engins du premier au dernier client. Alignées côté-à-côte, des dizaines de motos occupent l’espace dédié au parking. Entre ceux qui arrivent et ceux qui repartent, Mansour Gansonré aux côtés de ses collègues veille attentivement sur les motos qui lui sont confiées à l’entrée sud du marché. Ce qui apparait comme un simple parking aux yeux des usagers, est pour lui une véritable source de revenus. « Je travaille dans ce parking depuis 2017. Bien avant ça, je travaillais à l’intérieur du marché où je vendais des cartons et autres articles. Après, je me suis intéressé au métier de parking en demandant l’accord d’un grand frère qui y travaillait en son temps. J’ai commencé à travailler avec lui pendant les vacances et les week-ends jusqu’à ce que je m’intègre définitivement. Nous gardons environ 200 à 300 motos par jour. J’arrive parfaitement à subvenir à mes besoins. Je gagne 25000F CFA à 30000 F CFA par jour. En dehors de cela, nous intervenons dans les cérémonies pour garder les motos. Nous différencions les motos grâce aux tickets mais aussi des tampons portant la mention « parking du peuple ». Depuis que je suis ici, il n’y a jamais de disparition d’engins. Nous prenons 100 F pour les motos et 50 F pour les vélos », a-t-il laissé entendre.
« L’activité me rapporte convenablement »
Cet autre parkeur, Sabane Guira, dit avoir commencé cette activité en aidant son papa qui est le propriétaire du parking. « J’ai décidé d’aider mon papa car étant seul, il n’arrivait pas à assurer le travail. Cela fait presque 10 ans que j’exerce cette activité et je ne me plains pas. Je peux gagner jusqu’à 40000 FCFA par jour si l’affluence est forte. L’activité me rapporte convenablement. Je ne peux pas estimer le nombre de motos que nous gardons chaque jour », affirme-t-il tout en garant une moto. A l’extrême ouest du marché, Guibril Sawadogo, également gérant de parking, exerce son travail avec dynamisme et professionnalisme. Pour lui, tout travail mérite d’être fait avec sérieux. A ce jour il totalise une dizaine d’années dans ce métier. « Je me suis intéressé à ce métier par manque d’emploi. Mais alhamdoulilah, aujourd’hui je rends grâce à Dieu. Nous gardons au quotidien 100 à 150 motos. Je peux gagner 1500 F CFA à 2000 F CFA en dehors de la part versée au patron. J’exerce d’autres activités, mais celle-ci reste la principale. Il n’y a jamais eu de perte d’engins, au contraire nous avons attrapé des voleurs », laisse-t-il entendre, cherchant la monnaie dans son portefeuille pour une cliente.
La sécurité des engins
Outre les revenus que leur procure leur activité, les gérants de parking assurent non seulement la sécurité des engins, mais aussi celle de la population. Ils sont des acteurs discrets de la sécurité de la ville. Abou Bayili, un client rencontré chez Mansour, témoigne de leur rôle dans la société : « Je gare mon engin dans ce parking depuis 2019. Il n’y a rien à dire à propos du service. Je ne peux pas confirmer avec exactitude les revenus que tirent les parkeurs mais au regard du nombre de motos qu’ils accueillent par jour, je pense que le métier est rentable. En plus de cela, les ils nous permettent de faire nos achats sans crainte. Avant, il fallait solliciter un vendeur qui se trouve au bord de la voie pour garer ton engin ou le garer à l’air libre avec les risques de vol. Mais avec les gérants de parking, tu peux vaquer à tes occupations sans crainte. Avec une pièce de 100 F CFA, ta moto est sécurisée jusqu’à ton retour ». Pour Edwige Somda, le job de gérant de parking n’est plus à ignorer. « Je viens régulièrement faire les achats au marché. Je dépose ma moto au parking. Même si l’activité est bénéfique, ce n’est pas à comparer avec le service rendu. Les parkeurs nous aident à sécuriser nos motos pendant que nous effectuons nos achats. Avant, les cas de vol d’engins étaient récurrents, mais avec l’arrivée des parkings, ça baissé », affirme-t-elle. Hormis quelques incompréhensions occasionnelles avec certains clients, les parkeurs affirment ne rencontrer aucune difficulté majeure dans l’exercice de leur métier.
Latifa DONDBZANGA
(Stagiaire)
