Burkina : Le contre-pied politique parfait d’Eddie Komboïgo

Malgré les contestataires et la suspension à lui infligée par eux, Eddie Komboïgo et les militants qui lui sont restés fidèles ont organisé leur congrès au nom du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Mieux, au cours de ce congrès, ils ont à leur tour, suspendu les militants contestataires. Au président d’honneur, fondateur du parti, on a tout simplement retiré toutes les prérogatives que lui accordaient les statuts du parti. Blaise Compaoré devrait désormais se contenter du simple honorifique titre de président d’honneur. Quant au parti lui-même, il devrait connaitre de profondes réformes très prochainement. Parce que les congressistes ont décidé de soumettre à la réflexion d’experts le nom du parti et de son logo.

Il n’est pas exclu que ses orientations politiques soient revues puisqu’un parti politique, c’est à la fois le logo, le nom et l’orientation politique. En outre, tous les anciens membres du bureau exécutif qui n’étaient pas au congrès ont tout simplement été mis de côté, puisqu’ils relèvent désormais de l’aile historique du parti. En opposition à l’aile futuriste dont Eddie lui-même, en tant que président incarne.

Eddie Komboïgo aura ainsi réussi un véritable contre-pied politique contre ses adversaires et détracteurs au sein de sa famille politique. Si dans son entourage on qualifie cela de victoire, il n’en demeure pas moins qu’il a amorcé le déclin, pour ne pas dire la disparition définitive du CDP tel qu’il a été créé et voulu par Blaise Compaoré et ses anciens camarades. Eddie Komboïgo, à voir de près, veut récupérer la machine politique et électorale du CDP sans tous les autres militants qui peuvent lui faire de l’ombre. Tout en oubliant que c’est dans l’ombre de certains de ses anciens militants qu’il est né et a grandi. En voulant s’émanciper aussi tôt, il risque de se rendre à l’évidence : en politique, on n’est jamais assez fort pour évoluer tout seul.

Qu’on le veuille ou pas, ceux qui sont aujourd’hui qualifiés « d’historiques », et qu’on tente de mettre de côté, ont des bases politiques historiques dont Eddie Komboïgo et ses partisans ne pourront se passer sur le terrain. D’erreur politique, Eddie Komboïgo en a commise une grosse, même s’il peut croire que du fait du long temps qui sépare des prochaines consultations, il pourra ramener certains et recruter d’autres militants.

Le nom de Blaise Compaoré sera toujours collé au CDP. Il en est de même de certains grands ténors sur toute l’étendue du territoire national qui ont porté ce parti sur les fonts baptismaux. Eddie Komboïogo ne peut donc retirer et garder définitivement un bébé qu’il n’a ni conçu ni mis au monde. Il peut certes se prévaloir d’avoir contribué à son entretien à un moment donné. Mais de là à croire qu’il peut en faire ce qu’il veut, c’est mal connaitre ceux qu’il a en face. A moins que tout ce qu’il fait ne soit avec la complicité de Blaise Compaoré lui-même. Le feuilleton ne fait que débuter.

Dabaoué Audrianne KANI

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