Côte d’Ivoire : début de la campagne début de l’incertitude

La campagne électorale a débuté ce samedi 17 octobre. Alassane Ouattara a lancé la sienne à Bouaké, l’ex-capitale des Forces nouvelles dont le secrétaire général et porte-parole n’était personne d’autre que Guillaume Soro. Aujourd’hui en exile et dont la candidature a été refusée par le Conseil constitutionnel pour condamnation. L’opposition politique, elle, la vielle appelait ses partisans à boycotter de façon active, par tous les moyens légaux, le scrutin. Cela devait se matérialiser sur le terrain par l’empêchement de la tenue des meetings électoraux, l’empêchement de l’acheminement du matériel électoral. Bref, toute action pouvant empêcher la tenue de la campagne l’électorale. Alors qu’elle n’a même pas eu le temps de mettre en œuvre son programme qu’elle a été devancée par les partisans du candidat Alassane Ouattara. Qui, a Bongouanou, a manifesté et brûlé des domiciles dont celui de Pascal Affi N’Guessan qui a été le porte-parole de l’opposition au cours de la conférence de presse qui a appelé au boycott actif.

Du coup, on peut dire que la campagne a débuté avec les violences. Parce qu’il est évident que l’opposition et ses partisans ne resteront pas les bras croisées face à cette « provocation ». La Côte d’Ivoire faut-il le dire, est habituée depuis le retour du multipartisme dans les années 1990, à ce genre de violences électorales. Malheureusement, elles ont toujours abouti à des conflits intercommunautaires et fait des morts. La situation telle qu’elle se présente n’est pas heureuse et inquiète de ce fait tous les observateurs. C’est ce qui a amené la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à y envoyer une mission pour prévenir. C’est ce qui a amené d’autres institutions régionales et internationales, et même des pays occidentaux, à demander aux protagonistes d’éviter toute action pouvant conduire à des violences. Malheureusement, d’un côté comme de l’autre, ils sont restés sur toute la ligne, sourds à ces appels. Aujourd’hui, tout le monde retient son souffle. Le dialogue initié ce samedi par le gouvernement est venu tard. Si celui-ci l’avait voulu, ce n’est pas au moment où la campagne a été lancée, ce n’est pas au moment où l’opposition a lancé son mot d’ordre de boycott actif qu’il faut le faire. Avant même de l’initier, le gouvernement devait commencer par respecter les décisions de certaines institutions comme la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples qui a demandé le rétablissement des candidatures de Laurent Gbagbo et de Guillaume Soro. Pour tout dire, le pouvoir savait que l’opposition ne viendra pas, c’est pourquoi il a initié ce dialogue.

Si la campagne venait à connaître effectivement des troubles graves, il ne faut pas hésiter à prendre des sanctions dures contre les auteurs. La Côte d’Ivoire ne peut vivre isolée du reste de la région et du monde. Ce qui la touche, touche à l’ensemble de la sous-région et à l’Afrique. Si on laisse les uns et les autres aller jusqu’au bout de leur logique, ils donneront des idées à d’autres.

Dabaoué Audrianne KANI

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