Situation nationale : Faisons vite et bien cette guerre et passons à autre chose

France24 a été suspendue de diffusion au Burkina Faso parce que la télévision française a ouvert ses antennes à Abou Obeida Youssef al-Annabi, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), considéré par les autorités burkinabè comme l’ennemi du Burkina Faso. Celui dont les combattants terroristes attaquent, tuent, volent et chassent des Burkinabè de leurs localités. En tout cas, le gouvernement burkinabè ne peut comprendre qu’une télévision comme France24 franchisse ce pas, alors que les premiers responsables et les journalistes de la télévision savent très bien les exactions que font les membres de ce groupe armé sur les populations au Burkina Faso. Comme on pourrait le dire, France24 a pris la gifle à la place du chef d’AQMI.

Est-ce donc à dire que si Abou Obeida Youssef al-Annabi, proposait de dialoguer avec les autorités burkinabè pour trouver une solution à la crise sécuritaire on lui fermerait la porte ? La question est d’autant plus importante que de nombreux otages occidentaux ont été libérés (le dernier est Olivier Dubois) après des discussions avec ces groupes armés terroristes. Sous le régime de Roch Marc Christian Kaboré, des éléments ont existé pour dire que le gouvernement avait dû négocier avec des chefs terroristes une sorte de trêve afin de faciliter l’organisation et la tenue des élections législatives et la présidentielle de 2020. D’autres pays ont des canaux de discussions avec les Groupes armés terroristes. Le Burkina a-t-il opté pour la guerre comme à la guerre ?

Si nous avons opté de faire la guerre jusqu’au bout, cela suppose que nous avons pris toutes les dispositions pour bien la mener et la terminer en notre faveur. Parce que l’essentiel n’est pas de décréter que nous allons faire la guerre, mais de nous assurer que nous pouvons effectivement la faire. Car, une guerre, ça coûte énormément d’argent. Une guerre, ça coûte d’énormes sacrifices à consentir, non seulement par les autorités, mais surtout par les populations qui la subiront dans presque tous les secteurs. Si l’essence a augmenté de prix, c’est parce que nous sommes en guerre. Si le gouvernement a dû majorer les prix des boissons alcoolisées et sucrées (de 50 à 100 FCFA), c’est à cause de la guerre. Si les prix de certains produits importés connaissent des hausses, c’est parce qu’ailleurs dans certains pays producteurs, il y a la guerre.

A dire donc que si nous optons pour la guerre, alors que chacun se prépare à la faire rapidement et bien dans tous les secteurs. Ce qui est évident, c’est que toutes les guerres ont trouvé des solutions sur la table de négociations ou de dialogue, c’est selon. Du reste, on nous a fait comprendre que les combattants terroristes sont pour la plupart des Burkinabè qui s’attaquent à d’autres Burkinabè. Dans ce cas, n’est-il pas plus cohérent et acceptable d’établir dès à présent (si ce n’est pas encore fait) des pourparlers entre Burkinabè pour trouver la solution à ce qui semble être un problème burkinabè ?

Dabaoué Audrianne KANI

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