Dr Diassibo Thomas Yonli, Directeur exécutif du CADA : « L’intérêt général est au cœur de la construction de tout État »

Dr Diassibo Thomas Yonli est Maître de conférences en droit public, spécialité, institutions publiques et privées à l’université Nazi Boni et par ailleurs Directeur exécutif du Centre Africain de Droit et d’Administration (CADA). Il nous a accordé une interview en prélude au Colloque international que le CADA organise les 05 et 06 décembre 2025 à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bobo-Dioulasso.

Quels sont les objectifs du CADA à travers l’organisation de ce Colloque ?
Merci beaucoup pour l’occasion que L’Express du Faso nous offre de parler de cette activité scientifique qu’est ce colloque international sur “L’intérêt général au Burkina Faso”. C’est une première au Burkina Faso et dans la sous-région de parler d’organiser un colloque sur un thème qui est au centre de la construction étatique. L’objectif est en effet de mettre en lumière la notion d’intérêt général, tout en interrogeant l’exigence à laquelle l’administration publique burkinabè est soumise : la satisfaction de l’intérêt de tous face à l’affirmation d’intérêts individuels. Il s’agira d’axer les échanges sur la finalité de l’action publique et le socle du service public, en lien avec les concepts et théories de l’Etat gendarme, de l’Etat-providence, des obligations des citoyens ainsi que la question d’identité de l’Etat. En effet, face aux dérives possibles d’un capitalisme non régulé, où l’intérêt privé peut ruiner l’État (ex : évasion fiscale, corruption, inégalités criantes), il est urgent de réaffirmer le rôle de l’État dans la régulation et la justice sociale, au nom de l’intérêt général.

Quelles en sont les grandes lignes?
A partir d’une leçon inaugurale prononcée par trois éminents enseignants-chercheurs burkinabè de renommée internationale à savoir un juriste, un sociologue et un philosophe, place sera donnée aux différentes communications. Il y a près de 22 communications scientifiques animées par des experts venus de 06 pays autour de deux axes principaux à savoir : les perceptions et enjeu de l’intérêt général ainsi que l’état des services d’intérêt général. Je voudrais saluer la participation du secteur privé avec une communication telle que “L’apport du secteur privé au développement communautaire » ; la communication de l’Administration publique sur “ Les réformes nécessaires pour une administration au service de l’intérêt général”, “Les réalisations et les perspectives des Grands Projets au Burkina Faso “.

Pourquoi le choix du thème « L’intérêt général au Burkina Faso »?
L’intérêt général est un thème central au cœur de la construction de tout Etat qui veut grandir, assumer et assurer sa souveraineté. En fait, la promotion des services publics renforce la confiance entre gouvernants et gouvernés et consolide la cohésion sociale pour un développement durable du pays. L’intérêt général est surtout un thème d’actualité au regard des décisions récentes du gouvernement qui célèbre cette notion. En effet, depuis l’avènement de la Transition sous le leadership des autorités actuelles, la promotion de l’intérêt général est au cœur des préoccupations avec comme volonté affichée une gouvernance vertueuse, transparente et qui répond aux aspirations profondes du peuple avec en toile de fond le renforcement de l’Etat administratif. Plus précis, les six initiatives présidentielles (Agriculture, Développement communautaire, Sport, Education, Santé, Infrastructures) conjuguées aux efforts de modernisation de l’administration publique notamment le contrôle de présence, la culture du résultat, la recherche de l’impact social et la gestion rigoureuse des biens publics, traduisent la volonté de consolider les fondements d’une administration performante et au service de l’intérêt général.
Le Centre Africain de Droit et d’Administration (CADA) en tant que Centre de recherche d’initiative citoyenne et spécialisé dans la gouvernance administrative, se devait de se saisir de la question pour assumer et assurer le leadership scientifique et opérationnel. Nous en sommes très fier et nous remercions le public burkinabè qui assiste massivement à nos activités.

Est-ce une première pour le CADA ? Si non, parlez nous des expériences passées.
Le CADA a l’habitude d’organiser de telles activités scientifiques au profit de la population. Depuis la création du CADA en 2020, nous avons organisé plusieurs activités dont notamment le 20 décembre 2021, une Journée d’études sur les élections locales et la libre administration des collectivités, le 22 juillet 2023, une Journée d’études sur « Les infractions en matière de criminalité économique et financière et la corruption au Burkina Faso » et surtout un Colloque international sur la construction de l’Etat unitaire décentralisée les 21 et 22 décembre 2023. Pour cette année 2025 seulement, le CADA a organisé plusieurs conférences sur “Les règles d’occupation du domaine public et la sécurité routière” au profit des élèves, des étudiants et des commerçants de la ville de Bobo-Dioulasso. Il convient de préciser une singularité particulière, unique, c’est la traduction de toutes nos activités en langue locale (Dioula notamment) afin de permettre au grand public de suivre et de participer à la diffusion de la connaissance, du savoir, du savoir-faire et du savoir être.

Un mot à l’endroit de vos partenaires et du public cible
Je demande au public de sortir nombreux pour participer à un échange inédit sur l’intérêt général au Burkina Faso. Je remercie le Ministre de la Fonction Publique, du Travail et de la Protection sociale, monsieur Mathias TRAORE, Patron du colloque, notre parrain, Lieutenant-colonel Lassané PORGO, commandant la 2ème région militaire et notre marraine Madame Mamou DOUKOURE, opératrice économique du Burkina Faso.
Réalisée par:
Ben Alassane DAO