En attendant le candidat à abattre, c’est morose

Visiblement, la campagne électorale n’emballe pas les Burkinabè. En tout cas, dans plusieurs localités en ville comme en campagne, c’est le train-train quotidien. En dehors de quelques affiches et des banderoles apposées dans une pagaille indescriptible dans certains endroits, rien ne bouge. Sans doute que, par prudence, les candidats, partis politiques ou regroupements d’indépendants, sont entrain de s’observer. Ce qui peut constituer une stratégie. Seulement, la campagne ne dure que 21 jours et nous sommes déjà au sixième. Certainement qu’après l’entrée en scène ce 5 novembre à Bobo-Dioulasso, du candidat à abattre (ndlr : Roch Marc Christian Kaboré, candidat à sa propre succession), cette campagne va prendre une cadence plus rythmée.

La question qui se pose dans cette morosité de campagne est de savoir si ce sont les hommes politiques ou leurs programmes qui n’emballent pas ou si ce sont les  Burkinabè qui sont peu intéressés par ce qui se passe. Quand on jette un coup d’œil sur les programmes des candidats qui en ont, on se rend tout de suite compte que les problèmes soulevés semblent les mêmes. Quand on écoute, à la radio ou à la télévision, ce sont les mêmes problèmes et les mêmes solutions que tous posent et proposent. Quand on lit dans les journaux, c’est du même au pareil. Pourquoi donc s’emballer pour des questions qu’on connait déjà ? Pourquoi s’emballer quand on sait que ce sont les mêmes solutions que tout le monde envisage ?

En outre, en dehors de quelques-uns parmi eux, la plupart de ceux qui veulent nous gouverner l’ont déjà fait. A des niveaux différents. Ils ne sont donc pas étrangers aux Burkinabè. Que peuvent-ils proposer de meilleur qu’ils n’ont déjà fait ? En tout cas, les Burkinabè veulent savoir. Pour l’instant, tout le monde parle de la même chose.

Par ailleurs, la morosité de la campagne peut s’expliquer par le relatif manque de moyens financiers de certains candidats. Il ne faut pas se flatter, une campagne politique au niveau présidentiel et législatif coûte de l’argent. Malheureusement, ça ne coule pas chez tous les candidats, formations politiques et regroupements d’indépendants. Aussi, c’est par le prétexte de campagne de proximité que chacun explique sa rareté sur le terrain. Dommage !

Car, une campagne électorale est un véritable moment de formation politique du peuple. C’est aussi et surtout un moment d’éducation et d’implication des populations dans la connaissance et la gestion des affaires publiques. Car, pour mieux réussir le développement et le bien-être que chacun des prétendants au douillet fauteuil présidentiel promet au peuple, il faut que celui-ci soit réellement impliqué. Pour l’instant, les Burkinabè observent. Ce n’est pas à eux de s’impliquer, mais la tâche revient aux hommes politiques et à tous ceux qui aspirent à gouverner, de les convaincre et de les impliquer. Gagner une élection peut être facile, mais gérer le pouvoir après la victoire peut être périlleux. Parce que les électeurs ont voté par défaut.

Dabaoué Audrianne KANI

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