Fait de chez nous : « Je suis responsable de ce qui arrive à ma fille »

Mimi ne tient plus dans son foyer. Elle retourne dans sa famille. Ses parents veulent comprendre. Mais Mimi reste muette. Sa maman fait tout pour qu’elle parle. Mimi demeure toujours silencieuse. Comment dire à ses parents que le problème, c’est elle-même ? Ou du moins comment leur dire qu’elle ne supporte pas le sexe ? Quelque chose dont elle a été privée toute sa jeunesse. Mimi ne peut pas en parler à ses parents. Elle finit par se confier à la dame de ménage. Une dame qui l’a vue naître et qui s’est occupée d’elle toute son enfance. Mimi n’a rien donc à cacher à la bonne dame qu’elle appelle affectueusement Titi. Mimi parle enfin. « Titi. (A peine le nom prononcé, des larmes coulent sur les joues de Mimi). Je ne supporte pas de vivre avec mon mari. Ma mère m’a fortement interdit le sexe avant mon mariage. Elle a exigé que mon mari soit l’homme qui me dévierge. Titi, je ne dirai pas que c’est une chose impossible de nos jours. Mais comme je ne sortais pas et ma vie se limitait à la télé, au marché et aux rares sorties avec mes parents, j’ai fini par me trouver un créneau… ». Elle marque une pause et reste hagard comme si elle venait de piquer une crise. Instinctivement, Titi l’enlace. Elle passe ses mains rudes sur la tête de Mimi en lui chuchotant de doux mots aux oreilles.

En sanglots, Mimi reprend son récit. « Titi, avec le téléphone portable, j’ai découvert qu’on pouvait se faire plaisir sans être pénétré. J’ai donc commencé par utiliser des lubrifiants pour avoir mon compte au niveau de mon anus. J’ai même convaincu Gérard le jardinier qui me pénétrait par l’anus. Aujourd’hui, je ne ressens rien avec un homme qui me prend par devant. J’ai tout fait pour m’adapter, mais je n’ai pas pu. A chaque fois que mon mari le fait, j’ai mal et ne ressens rien. J’ai donc préféré le quitter pour qu’il se trouve une bonne femme. J’ai raté ma féminité à cause de l’éducation que ma mère m’a imposée… ». Mimi met fin à son récit en larmes. La dame de ménage la cajole de nouveau. Par pitié, elle aussi n’a pu retenir ses larmes. Les deux pleuraient silencieusement. Elles sont ainsi surprises par la maman de Mimi. Sans être située de l’objet des pleurs, elle comprend que les deux sont affectées par une affaire qui concerne Mimi. Mais laquelle ?

Deux jours après, Titi raconte à sa patronne, ce que Mimi lui a conté. La dame de ménage avait promis de lui venir en aide, pour qu’elle redevienne une femme normale. Informée, la maman de Mimi est restée sidérée. « Je suis responsable de ce qui arrive à ma fille », confie-t-elle après. Il a fallu l’implication de Titi avec des manières dont elle seule détient le secret, pour que Mimi retrouve le vrai chemin féminin. Comme quoi, « privé un enfant de sa jeunesse est aussi destructif qu’un engin explosif ». Si tu éduques tes enfants de cette manière, apprends à être dans le temps. Ça pourrait te mettre à l’abri de surprises désagréables.

Souro DAO/ daosouro@yahoo.fr

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