Fait de chez nous : Le paradoxe d’un cœur qui brûle (Suite)

Tôt le lendemain de la soirée dansante, David réveille Tiéba et Kalilou ses deux camarades venus du même département administratif que lui. Tous de la province du Houet, Tiéba et David avaient une année d’études en avance sur Kalilou.

Avec l’arrivée du capitaine Thomas Sankara au pouvoir en août 1983, l’éducation a connu une amélioration en matière de développement des infrastructures scolaires. C’est ainsi que plusieurs élèves, même des enfants de paysans ont eu la chance de poursuivre leurs études après le primaire. David et ses deux camarades ont ainsi été lauréats de l’entrée en sixième avec chacun une bourse d’études de 8000 FCFA/mois. Eternel abonné à la java, David dilapidait toujours son pécule (24 000 FCFA le trimestre), à chaque fois que l’économe payait les boursiers. Si bien qu’il s’endettait toujours auprès de Tiéba et de Kalilou.

Après chaque week-end de java, David contait ses soirées à ses deux camarades. C’est pourquoi il s’est réveillé très tôt le lendemain de la soirée d’arrosage du BEPC. Il tenait à leur raconter les temps forts de la soirée qu’il qualifie d’exceptionnel.
« Heh ! vous-là réveillez-vous vite ! Je vais vous raconter ce qui m’est arrivé hier à l’arrosage du BEPC de l’enfant de « Solo SOSUCO » ». C’est par ce propos qu’il justifie sa visite matinale chez Tiéba et Kalilou qui colouaient une piaule. « Solo SOSUCO » est un cadre de la Société Sucrière de la Comoé (SOSUCO) dont l’enfant fêtait en différée son succès au BEPC.

C’est ainsi que l’arrosage s’est fait à l’orée des congés du premier trimestre de l’année scolaire en cours. Si entre David et Tiéba les choses s’étaient toujours déroulées amicalement, avec Kalilou les tentions étaient fréquentes. N’ayant pas aimé le fait d’être réveillé si tôt par David, Kalilou lui crache des mots vexants. « Toi vagabond-là, il faut que tu apprennes à respecter les gens. Tu penses que nous, nous sommes ici pour écouter tes histoires de fesses ?» D’un tempérament calme, David reste bouche bée. « Petit, tu es trop impoli », a- t-il pu dire. Kalilou le toise longtemps avant d’aller sous la douche. David raconte ce qui lui est arrivé à Tiéba et lui demande des conseils.

A propos de Lizata, Tiéba est formel. « Si jamais tu acceptes l’avance faite par cette fille, Adieu l’amitié entre toi et IB », conseille-t-il. David ne dit pas le contraire. Sur place, la décision de dire la vérité à Lizata est prise. Lizata parle bien le français. Mais elle ne sait ni lire, ni écrire. A l’époque, le téléphone portable n’est pas à la portée de tous. Tiéba est donc chargé de dire cette vérité à Lizata. Sur ce, David est allé au lycée pour sa sanction.

Quant à la fille qui a arrogé David, personne ne savait jusque-là que son acte était prémédité. Après sa corvée de nettoyage, David est revenu à la maison faire la lessive. Il retourne après chez ses camarades Tiéba et Kalilou pour une partie de causerie. C’est à ce moment qu’arrive une fille sur une YAMAHA-DAME. C’est la fille qui avait arrogé David.

Sans gêne, elle gare la moto juste à côté du groupe. Elle serre la main à chacun et appelle David de côté. Elle lui tend une enveloppe aux bordures rouges-bleues. Aussitôt l’enveloppe remise, elle repart sans attendre.
A Suivre…

Souro DAO/L’Express du Faso

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