Inaugurations, nationalisations… : le Burkina veut maitriser son développement

Développer le tissu industriel, le maitriser et faire du Burkina Faso un pays industriel, c’est l’une des priorités des autorités au pouvoir. C’est dans ce contexte qu’on assiste depuis quelques années en arrière à de nombreuses poses de premières pierres d’unités ou de complexes industriels sur presque toute l’étendue du territoire national et dans presque tous les domaines. Aussi, les inaugurations actuelles d’unités industrielles auxquelles on assiste ne sont rien d’autres que la conséquence de cette vision qui consiste à faire de l’industrie un véritable moteur de création d’emplois, de richesses et de développement durable.

Le Burkina Faso est un pays de production. Mais, il transforme très peu ce qu’il produit. Ce qui constitue un véritable manque à gagner. Alors que tous les pays qui se sont développés ont aussi mis l’accent sur la transformation de ce qu’ils produisent. Nul besoin de dire que les opérateurs économiques ont compris le message. Aujourd’hui, beaucoup de produits qu’on importait sont désormais transformés sur place et consommés par les Burkinabè. C’est cela aussi la souveraineté !

C’est également dans le même cadre qu’il faut comprendre la nationalisation d’unités industrielles stratégiques dont la toute dernière est celle de la SN-Citec, unité industrielle de production d’huile alimentaire, de savon et d’aliments pour bétail. A travers ces nationalisations, l’Etat compte prendre ses responsabilités et faire en sorte que les Burkinabè puissent bénéficier de certains produits de première nécessité de meilleure qualité dans de bonnes conditions. Si tout cela est bien, il faut de même s’inquiéter sur la gestion de toutes ces unités industrielles, qu’elles soient privées ou qu’elles appartiennent à l’Etat.

D’abord, l’industrie c’est aussi la matière première. Ce qui revient à dire qu’il faut nécessairement renforcer davantage le maillon de la production afin que les usines ne manquent pas de matière première. Le problème de la SN-Citec par exemple est beaucoup plus lié à une insuffisance de matière première qu’aux capacités techniques et matérielles de l’usine et même humaines à produire de l’huile de qualité.

Ensuite, l’autre équation et non la moindre est celle de la gestion même des unités industrielles. De nombreuses unités industrielles qui ont disparu du paysage industriel l’ont été très souvent pour mauvaise gestion financière si ce n’est pas un problème de management de façon générale. En outre, l’Etat étant par expérience mauvais gestionnaire, il est à craindre que les unités industrielles nationalisées ou en création, appartenant à l’Etat ou au privé, ne connaissent le même sort. Des unités industrielles comme la SAVANA, la SIFA, Winners industries, pour ne citer que ces mauvais exemples, ont mis la clé sous le paillasson pour des raisons, entre autres, de mauvaise gestion.

C’est pourquoi, il faut dès à présent prendre toutes les dispositions pour que ces unités industrielles, nouvellement créées ou nationalisées, soient bien gérées afin qu’elles apportent une contribution significative à l’économie nationale. L’industrie étant le maillon de toute une chaine, elle ne doit pas faillir au risque gripper toute la machine. A ce sujet, l’Etat doit prendre toutes ses responsabilités pour que tous ces efforts consentis ne soient vains.

Dabaoué Audrianne KANI