Ines Kaboré/Mono, secrétaire générale du SYSFMAB : «Nous allons mettre en place une protection sociale»

Depuis le samedi 13 février 2021, à l’issue  du 6ème congrès ordinaire du syndicat des sages-femmes, maïeuticiens et accoucheuses du Burkina (SYSFMAB), Ines Kaboré est la nouvelle secrétaire générale. Nous l’avions rencontré pour qu’elle nous parle de la nouvelle orientation du SYSFMAB.

Ines Kaboré/Mono, secrétaire générale du SYSFMAB

Pourquoi avoir créé le syndicat des sages femmes, maïeuticiens et accoucheuses du Burkina?

Permettez-moi avant tout propos de rendre un vibrant hommage à nos devanciers qui ont travaillé à favoriser la création de notre syndicat. Sans être exhaustive, je voudrais rendre un grand hommage à tous les membres fondateurs du SYSFMAB, à la première Secrétaire Générale Mme Traore/Galbany Mariam et tous ces collaborateurs et collaboratrices, à la deuxième Secrétaire Générale Mme Tiemtoré Mariam et tous ses collaborateurs et collaboratrices, à la troisième Secrétaire Générale Mme Kabré/Yabré Honorine et tous ses collaboratrices et collaborateurs, qui malgré le repos bien mérité pour certain  n’ont ménagé aucun effort et continu de nous soutenir pour que vive notre syndicat. Soyez en remercié et que vive la solidarité entre les générations.

Comme vous le savez, le syndicat est  un outil que les travailleurs se sont forgés à mettre en place pour défendre leurs intérêts communs, et lutter pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie”.

En effet, une  Étude menée en fin 1996 a décelé l’existence d’importants facteurs qui mettaient en péril la profession tels que leur petit nombre (357 dont 50 ME), soit 01 SFE pour 30 000 habitants, la quasi inexistence de débouché dans la profession aussi bien pour les Sage-femme/Maïeuticiens que les Accoucheuse, l’absence de plan de carrière dans le corps; une déperdition des agents formés (SFM, Accoucheuses au  profit d’autres corps tels que (ORL, chirurgie,  odontostomatologie, ophtalmologie, psychiatrie …) ; la non-participation aux prises de décision relatives à la profession; l’insuffisance criarde du matériel spécifique pour les soins obstétricaux d’urgence et la réanimation du nouveau-né; les conditions difficiles de travail et de vie (manque ou insuffisance de logement, de sécurité, de formation continu …).  Et pourtant on notait un besoin accru de ce type de professionnels de santé pour lutter efficacement contre la mortalité maternelle et néonatale. Dans ce contexte de souffrance et de frustration, où les travailleurs d’une même obédience doivent s’organiser pour mieux défendre les intérêts des membres et de la profession, que le Syndicat des Sages-femmes, Maïeuticiens et Accoucheuses du Burkina (SYSFMAB) a vu le jour le 27 septembre 1997 et reconnu officiellement sous le récépissé n° 97-326 MATS /SG / DGAT/ DLPAJ du 25 novembre 1997, dans un premier temps pour réfléchir aux problèmes spécifiques et pour mieux défendre les intérêts du corps de manière  plus efficiente en collaborant avec d’autres syndicats sœurs.

 

Quels sont les objectifs poursuivis du syndicat ?

En conformité avec l’esprit et l’action syndical ; nos objectifs sont de regrouper toutes les SFM et  Accoucheuses du Burkina dans une organisation unique et dynamique; défendre les intérêts professionnels spécifiques et les intérêts matériels et moraux de ses membres, participer  à consolider l’offre de soin améliorer le système de santé dans une Co-construction en faisant des propositions constructives, selon notre idéologie syndicale qui est le réformisme ; consolider les liens d’amitié, de solidarité entre ses adhérents; contribuer à l’élévation du niveau de l’éducation professionnelle et syndicale de ses adhérents par l’organisation de cours, de conférences, séminaires ; participer à l’éducation et à la formation de base et continue des membres actifs, des membres potentiels et de toute la population; œuvrer à promouvoir le corps des Sage- femmes, Maïeuticiens et Accoucheuses et offrir un cadre de réflexion et d’épanouissement à tous les membres.

 

Vous avez tenu votre congrès ordinaire le 13 Février 2021 à Ouagadougou. Êtes-vous satisfaits du bilan?

Notre congrès a fait le bilan de nos activités sous le mandat passé et les défis que doit relever le bureau issu du présent congrès. Les résultats du bilan se résument à une plus grande visibilité des SFM et AA/AB sur le plan national; une représentativité assurée au niveau structurel; la création du corps des Accoucheuses Brevetées; la création du corps des Attachés de santé en gynéco obstétrique; l’accès des Sage-femme / Maïeuticiens à quelques postes de responsabilité….l’élaboration des textes et décrets d’application de la fonction publique hospitalière (FPH), la relecture des statuts particuliers et des TOES (RIMES) du Ministère de la Santé.

Au regard de ces résultats, nous avons atteint largement nos objectifs que nous nous étions fixés nous pouvons donc dire que nous sommes satisfaits de notre action syndicale.

 

Au court de ce congrès, l’instance dirigeante à été renouvelée. Quelles seront les nouvelles orientations ?

Les congressistes nous ont commis à travailler selon les axes à la poursuite de la lutte pour la mise en œuvre intégral  la fonction publique hospitalière (plusieurs textes de la FPH demeurent non appliqués par exemple les textes portant exonération  des actes pour les agents de santé et leur ayant droit) afin que des soins de qualité soient offerts à nos populations par un personnel qualifié, reconnu et valorisé. Il s’agit pour nous de travailler à la mise en place d’une  protection sociale de nos populations incluant l’assurance maladie universelle et une extension de la sécurité sociale aux populations vulnérables afin de réduire les inégalités sociales, à la mise en place d’un système de santé de qualité doté de plateaux techniques pouvant faire face aux pandémies et aux pathologies nécessitant souvent des prises en charge à l’extérieur, d’un  dialogue social constructif respectueux des différentes parties notamment les travailleurs qui sont perçus comme des faire-valoir. Ces différents axes feront l’objet de notre plateforme plus détaillé.

 

Quels sont vos rapports avec le ministère de la Santé ?

Etant un syndicat réformiste, nous sommes dans une logique de partenariat avec l’Etat soutenu par le dialogue social. Nous attendons de ce fait un traitement de nos doléances avec célérité et dans le respect mutuel; bref, un dialogue social constructif gagnant, pour le bien être des travailleurs de la santé en général et de nos militants en particulier en tenant compte des intérêts supérieurs de notre nation.

 

Qu’attendez-vous du ministère de la Santé ?

Comme nous avions dit plus haut, nous sommes un syndicat réformismes, notre objectif c’est la co-construction, nous attendons donc du ministère, un dialogue sincère et une oreille attentive à nos propositions pour que nous puissions travailler ensemble à améliorer le système de santé, également les conditions de vie et de travail de nos membres mais aussi en améliorant l’offre de soin aux populations. Du reste, nous sommes en pleine élaboration de notre plateforme pour ce mandat, permettez moi d’attendre la finalisation et nous vous reviendrons pour des détails à travers  cette plateforme qui comportera nos exigences et sera transmis à au ministère.

Jules TIENDREBEOGO

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