Léguéma lôgô : Le marché a été démoli

Les commerçants du marché Léguéma lôgô encore appelé sous sol, sis au secteur 10 Yéguéré  ont été contrains de quitter le marché hier, mardi 11 Août 2020 suite à la démolition  des lieux.

Après le passage des bulldozers, les occupants s’activent à récupérer les marchandises qui ont échappées au coup des bulldozers

A notre arrivée sur les lieux après le départ des forces de l’ordre et des bulldozers, c’est un spectacle de désolation. Larmes aux yeux, pleures par ci, cris là, la tristesse se lisait sur le vissage des occupants qui disent avoir  été surpris. Et pourtant !

L’affaire de la démolition du marché sous sol de Bobo-Dioulasso a longtemps d’effrayer la chronique. D’un côté l’autorité tient à réaliser les travaux de réhabilitation, une  promesse du chef de l’Etat, et de l’autre côté des commerçants qui refusent de déguerpir les lieux, malgré qu’un site provisoire leur  ait été proposé. Ce mardi 11 Août, ils ont été contrains de déguerpir les lieux. Tôt le matin, les bulldozers, sous protection des forces de l’ordre, se sont emparés du site à la grande surprise des occupants. Lorsque notre équipe de reportage arrivait sur les lieux (08 heures 40), le marché Léguéma lôgô avait cédé la place a un tas de ruines. Il ne restait plus rien. Les boutiques et kiosques ont été complètement rasés. Les plus chanceux ont pu repartir avec des marchandises qui ont échappés aux coups des bulldozers. Désemparés, certains d’entre eux n’ont pu contenir leurs larmes. C’est le cas de Mohamed Démé, commerçant qui y occupe une boutique depuis une vingtaine d’année. « Nous sommes désolés de la démolition du marché. Le site provisoire que le maire nous a montré est un lieu de culte traditionnel. Nous refusons catégoriquement ce site. Pour le moment, nous ne disposons pas de site pour installer notre marché. Nous disons non à l’injustice. Nous faisons ce travail pour nourrir nos familles et payer la scolarité de nos enfants. Nous sommes tous Burkinabè, nous devons être traités tous avec égalité. Si on vient nous jeter dans la rue de la sorte, qu’est ce qu’ils veulent que l’on devienne dans ce pays », s’est-il interrogé avant de fondre en larme.

A quelque pas là, nous rencontrons  Salimata Traoré, autre commerçante qui a aussi assisté impuissamment à la démolition de son magasin avec toutes ses marchandises. Pour elle, en aucun cas elles ont refusé de quitter le marché. « Nous n’avons pas refusé qu’on démolisse le marché, mais nous demandons un site provisoire pour nous installer. En plus, nous n’avons été ni recensés, ni avertis auparavant. Nous sommes venus trouver les forces de l’ordre qui ont  encerclé le marché. Nous n’avons pas pu faire rien sortir avant qu’on ne casse les boutiques. Cela a occasionné d’importants dégâts matériels. Nous déplorons vraiment cette situation », s’indigne-t-elle.

Brahima Dramé, un autre commerçant qui a tout perdu pense que l’autorité  devrait donner un site aux commerçants ou les avertir avant de détruire le marché et trouver un moyen pacifique pour régler le problème. Pour lui, la situation est d’autant plus déplorable  qu’elle coïncide avec le temps de pluie. Une chose est sure, l’affaire de démolition du marché sous sol de Bobo-Dioulasso a fait l’objet de plusieurs rencontres entre l’autorité et les occupants. En définitive, ces derniers  ont été sommés de quitter les lieux. Face à  leur entêtement, l’autorité s’est vue donc obligée de faire respecter la loi.

 Ben Alassane DAO

Aymeric KANI

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