«L’inédit» travail de la CENI qui ne doit pas enchanter

2,3 millions de personnes se sont faites enrôler sur les listes électorales (sur un potentiel de 4,5 millions. «Inédit», a relevé le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Fait d’autant plus inédit que malgré l’insécurité, les opérateurs de kit ont sillonné 83 % des villages du Burkina Faso, 94 % des communes, 100 % des 45 provinces et 100 % des 13 régions. Ce recensement des électeurs est encore plus intéressant que «les 18 à 35 ans représentent plus de 52 % des inscrits». Le petit point noir est la faible participation des femmes (à peine 42 % des inscrits». Ces résultats viennent aussi battre en brèche les inquiétudes de ceux qui soutenaient que le niveau d’insécurité est tel qu’il fallait reporter les élections législatives à plus tard parce qu’on ne pourrait pas organiser des élections de proximité dans les zones à risque.

Au regard de ces résultats, et en attendant que le nombre exact de nouveaux inscrits (car de nombreux anciens inscrits se sont réinscrits) soit communiqué, la CENI peut se féliciter d’avoir fait du bon boulot. Au moins pour la première fois au Burkina Faso, le nombre d’électeurs inscrits pourrait frôler les 3 millions. Même si cela peut traduire l’intéressement des Burkinabè à la chose politique, il faut tout de même faire remarquer qu’il reste beaucoup à faire.

Le Burkina Faso compte plus de 20 millions de personnes. 4,5 millions d’électeurs est largement très bas pour être représentatif du choix de l’ensemble de la population. Encore que là, ce ne sont pas tous les 4,5 millions ! C’est dire que le chemin à parcourir pour une véritable démocratie représentative est encore très loin. D’où la question de savoir les raisons réelles de peu d’empressement des Burkinabè, alors qu’il s’agit de démocratie, d’aller s’inscrire sur les listes électorales et d’aller choisir leurs représentants.

La réponse la plus plausible, c’est que les Burkinabè ne trouvent pas les réponses à leurs préoccupations dans tout ce processus démocratique enclenché depuis les années 1990. En effet, plus de 20 ans après le début de ce processus, les Burkinabè continuent de ne pas parvenir à manger à leur faim. L’autosuffisance alimentaire est toujours un leurre, car les Burkinabè continuent de tendre la main à des partenaires pour satisfaire ce besoin primaire qu’est l’alimentation. Pendant ce temps, une certaine élite mangent goulument et jettent les restes dans les poubelles.

Sur le plan économique et du développement de façon générale, des Burkinabè se sont bien développés pendant que leur pays recule dans le classement des pays en développement. Comme dirait quelqu’un, «on a passé le temps à se développer individuellement au détriment du pays tout entier, des populations les plus nombreuses». Qu’on en convienne alors que ce sont ceux qui profitent des fruits de ces pseudo-démocraties (une petite élite) qui se sont faits enrôler.

Au lendemain du 22 novembre, on saura davantage si réellement les Burkinabè adhèrent aux processus démocratiques (aux choix de les gouverner) tels qu’on nous les impose.

Dabaoué Audrianne KANI

 

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