Morcellement et vente de parcelles à Bobo: qui sont ces immobiliers qui défient l’autorité de l’Etat ?

Le Président de la Délégation spéciale (PDS) de la commune de Bobo- Dioulasso, Laurent Kontogom, a eu, hier mardi 20 février 2024, une rencontre d’échanges avec les promoteurs immobiliers intervenant dans la commune. Au centre des discussions, la gestion du foncier.

Malgré la mesure d’interdiction, des promoteurs immobiliers véreux s’adonnent ces derniers temps à des activités de morcellement et de vente de terrain à Bobo-Dioulasso. La pratique à pris une certaine ampleur dans les différents arrondissements, particulièrement dans les zones non-loties. Cette rencontre d’échanges aux allures de mise en garde vise également pour le président de la délégation spéciale communale de rappeler aux principaux acteurs les dispositions de la nouvelle loi adoptée le 20 juin 2023 par l’Assemblée législative de transition et qui interdit pour l’heure les activités de promotion immobilières au Burkina Faso. «Actuellement en matière de promotion foncière, je rappelle qu’aux termes de la nouvelle loi, les activités sont interdites », insiste le PDS Laurent Kontogom qui explique que : «Nous avons fait le constat que des agences immobilières et certains individus qui ont des droits de propriété sur des terres s’adonnent au morcellement de ces espaces. Ces espaces sont morcelés en des lots de 200 m² et sont vendus entre cinq cent mille (500 000) FCFA et Trois (3) millions FCFA, en fonction de l’emplacement du terrain».
L’autorité n’exclut pas l’usage de la force
Et l’actuel locataire de l’hôtel de ville de rappeler que ces activités sont illégales et interdites. Et à partir du moment où la nouvelle loi est rentrée en vigueur, les agréments ne sont plus en valables. Il invite les promoteurs immobiliers à se conformer aux textes en faisant preuve de patience, car les travaux de la commission interministérielle qui a été mise en place par le gouvernement est à la tâche pour proposer de nouvelles modalités aux sociétés immobilières. «Notre crainte aujourd’hui est que ces activités illégales qui sont en cours créent des habitats spontanés à perte de vue et cela va causer de sérieux problèmes d’espaces pour les aménagements futurs», s’inquiète le PDS. Il appelle de ce fait les promoteurs à sensibiliser leurs paires pour que cessent ces pratiques. Au demeurant, l’autorité communale n’exclut pas l’usage de la force pour faire respecter la loi. «Nous allons prendre les dispositions avec les forces de l’ordre pour remettre ces espaces en état et arracher les bornes», prévient-il. La démarche de la délégation spéciale a été saluée par les immobiliers. Et de l’avis d’Eric Kientega, président de l’association des promoteurs immobiliers des Hauts-Bassins, toutes actions qui vont dans le sens de rétablir l’ordre méritent d’être soutenues. Selon lui, ces activités illégales sont l’œuvre de brebis galeuses. «Il ya des gens qui se font passer pour des promoteurs immobiliers alors qu’ils n’ont aucun document. Ce sont eux qui morcellent les parcelles et les vendent et on met ça sur le dos des vrais promoteurs », révèle-t-il. Non sans appeler au concours de l’autorité pour mettre de l’ordre dans le secteur.

Ousmane TRAORE

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