Niangoloko : Un pandore accusé de harcèlement

Une élève de 16 ans, en classe de 4ème à Dédougou venue passer les vacances chez sa tante gérante d’un maquis à Niangoloko, aurait été violentée par un homme de tenue jusqu’à dans son intimité. L’affaire s’est passée le 14 août dernier. Ce qui a fait réagir des organisations de la société civile de la localité. A travers un point à la presse.

Les animateurs du point de presse

La Coalition des Organisations de la Société Civile de Niangoloko, le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) à travers sa sous-section de Niangoloko, le Conseil Communal de la Jeunesse de Niangoloko (CCJ-N) et l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ) ont animé un point de presse dans la matinée du jeudi 27 août 2020 dans la salle polyvalente de Niangoloko. Dans la déclaration liminaire, les différentes coalitions et mouvements ont qualifié d’acte inhumain de l’accusé au regard de la jeunesse de la fille, seulement âgée de 16 ans. Aussi, ces mouvements comptent faire la lumière sur cette affaire afin que la vérité soit dite. Cependant, pour le porte-parole des organisations et OSC, Badou HEMA, «cette situation nous amène à douter ». Car des contacts auraient été effacés dans le téléphone de la jeune fille ; ce qui suscite beaucoup d’interrogations. « Pourquoi menotter la jeune fille avant de la frapper ? Est-il acceptable d’introduire du piment dans le vagin d’une jeune fille ? etc… » ; sont autant de questions, selon Badou HEMA Secrétaire général d’ODJ/Comoé et par ailleurs porte-parole de la coalition.

Ces organisations de la société civile ont décidé de soutenir les actions du MBDHP et l’exhortent à aller jusqu’au bout de la procédure judiciaire déjà entamée pour que la vérité triomphe et que justice soit faite pour la jeune fille.

De l’avis de Badou HEMA, « ce point de presse est le point de départ d’une série d’actions pour faire toute la lumière sur cette affaire ». Notons que dans la déclaration liminaire les organisations ont rendu un vibrant hommage aux hommes de tenue pour leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme. « On a un ennemi commun en face que nous devons combattre. La pluie est en train de nous battre si bien que nous ne devons pas nous retourner les uns contre les autres », a soutenu Badou HEMA. « De tels actes sont inacceptables », a-t-il conclu.

Témoignage de la victime

« Il m’a menottée, m’a frappée et a mis du piment dans mon sexe »

A l’issue de la rencontre, la victime, très affectée nous a fait le récit ci-après.

«Le Monsieur (ndlr : le gendarme) m’a appelée de venir nettoyer sa maison. Je lui ai dit que je suis seule ; par conséquent je ne peux pas venir ; en plus je ne connais pas chez lui car je suis nouvelle à Niangoloko. Il a insisté et m’a appelée à plusieurs reprises. Il m’a expliqué le chemin que je devais prendre pour retrouver son domicile. Quand je lui ai dit que je n’avais pas d’engin, il m’a dit d’aller à la brigade ; qu’il va appeler un collègue qui va me donner sa moto. J’ai alors informé ma grand-sœur on est allé chercher la moto à la brigade et nous sommes partis. Après il m’a dit de lui apporter de la boisson. Ce que j’ai fait, ensemble avec ma grand-sœur. Mais quand nous sommes arrivées, il a refusé de la maison à ma grand-sœur qui est repartie. Quand nous sommes rentrés, lui et moi, il a fermé la porte derrière nous. On est rentré dans la chambre il m’a menottée et a commencé à me frapper. Et il a mis du piment dans mon sexe ; puis après il m’a giflée et est parti me laissant seule. Il y avait une femme dans la cour, c’est elle qui m’a conduite à la maison. Après je suis allée à la brigade et le commandant de brigade et un gendarme m’ont accompagnée à l’hôpital. A 22 heures, un gendarme est venu retirer mon téléphone. C’est après que j’ai constaté que des numéros et des conversations ont été supprimés. Moi je ne sais pas ce que je vais devenir. Il a dit qu’il m’aime ; je n’ai pas accepté et c’est devenu un problème ».

Besseri Frédéric OUATTARA/Niangoloko

 

 

 

 

 

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