Odeurs nauséabondes…, au marché de bétail : «C’est dans ces conditions que nous travaillons ici»

Au marché de bétail de Niénéta, les travailleurs et les riverains vivent le calvaire en période d’hivernage. Constat !

Odeurs nauséabondes, déchets de part et d’autre, flaques d’eau, routes impraticables … Tel est l’accueil réservé aux visiteurs et aux clients du marché de bétail de Niénéta, au secteur 12 de Bobo-Dioulasso. L’enceinte du marché où se font les transactions, est pavée de boue mélangée à la bouse d’animaux. Rendant l’accès quasi impossible aux clients et aux visiteurs. C’est dans ces conditions que travaillent des centaines de personnes s’adonnant à la vente de bétail pendant la saison des pluies. « C’est dans ces conditions que nous travaillons ici depuis plus de 23 ans. Quand il pleut, souvent c’est impossible d’accéder au marché même. Les voies sont inondées d’eau et de boue. On ne peut même pas marcher dans l’enceinte du marché, si ce n’est avec des bottes », confie Abdallah Sangaré, commerçant de bétail. « Outre ces difficultés, nous notons également une insalubrité notoire aux alentours et à l’intérieur du marché. Cela contribue à la prolifération de maladies telles que le paludisme, le choléra, la teigne… », ajoute M. Sangaré.

Les affaires au ralenti

Outre les difficultés endurées par ces vendeurs, la période hivernale est loin de rimer avec les bonnes affaires. «En saison hivernale, nous avons du mal à faire de bonnes affaires à cause de l’état de ce marché. Aucun client n’a envie de venir ici pour payer nos animaux», dit Yacouba Tapsoba, un autre commerçant au marché de bétail de Niénéta. «Les clients refusent de s’approcher du marché. Ceux qui acceptent de le faire la plupart du temps en voiture, n’acceptent pas descendre pour qu’on puisse marchander. Nous n’avons autre choix que de porter deux ou trois animaux jusqu’aux clients. Cela n’arrange ni les vendeurs que nous sommes, ni les clients. Souvent nous payons du gravier à 5000 F CFA le voyage, pour ne serait-ce qu’arranger l’accès principal pour pouvoir faire sortir nos animaux», renchérit un autre commerçant.

Le marché de bétail et l’économie locale

Depuis sa création, ce marché contribue au développement de la commune de Bobo. Mais il ne répond plus aux normes requises en termes d’hygiènes et de commodités. Chaque jour, des milliers de bétails y entrent et les commerçants payent des taxes pour pouvoir les y commercialiser. «Nous payons des taxes chaque jour en fonction des bétails qui rentrent ici au marché. Nous payons 100 F.CFA par tête de caprin. Pour ce qui est des bovins, nous payons 200 F.CFA par tête. Mais nous ne savons pas ce qu’ils font avec cet argent. Alors que pendant ce temps, nous travaillons dans ces conditions difficiles. Nous voulons que la commune nous vienne en aide, en améliorant cet endroit à travers des pavés, le bitumage de la voie d’accès au marché afin que nous puissions travailler dans de bonnes conditions », souhaite Abdallah Sangaré, commerçant de bétail audit marché.

Ibrahim GUIRE

Marie- Claire SOME/Stagiaires

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