Palais de justice : Trois dames complices d’excision condamnées avec sursis

M.B, K.F et K.A, toutes ménagères, ont comparu devant le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso, le 17février 2026. Elles ont été jugées pour des faits de complicité d’excision

 

Des faits présumés d’excision auraient été produits le 06 janvier 2026 à Kiri, un village rattaché de l’Arrondissement 2 de la Commune de Bobo-Dioulasso. Il ressort que K.A, une mère de cinq enfants dont une seule fille résidant à Badara vers Orodara, s’est rendue à Bobo-Dioulasso pour assister au mariage d’un de ses frères. Elle était accompagnée de son unique fille âgée de quatre ans. C’est de là qu’elle fera la rencontre des deux femmes M.B et K.F. Le projet d’exciser sa fille est né. Les deux ont prêté main forte à K.A en la conduisant chez une exciseuse à Kiri aux fins d’exciser la fille. A la suite de l’opération, les dames utilisaient de l’eau chaude pour soigner les blessures de la fillette. C’est ainsi qu’elles ont été dénoncées par une personne anonyme auprès de la Police qui les a mises aux arrêts.

 

À la barre

Les prévenues ont reconnu les faits. Les deux dames M.B et K.F ont toutes soutenu l’idée selon laquelle elles ignoraient que l’excision était interdite au Burkina. La mère de la fillette K.A dit qu’elle ne savait pas non plus que la pratique est interdite. Pour elle, c’est une tradition. « C’est la seule fille que j’ai eue. On m’a dit que c’est la coutume qui recommande l’excision. Ce qui m’a poussée à le faire «, a-t-elle déclaré. À l’issue des débats, chacune d’elles dit regretter l’acte. Elles ont promis au tribunal qu’elles ne vont plus retourner à l’excision et qu’elles seront désormais des ambassadrices auprès d’autres femmes.

 

Réquisitions

Selon le parquet, la fille a bel et bien été excisée même si l’exciseuse n’a pas été arrêtée du fait que les enquêtes n’ont pas permis de l’identifier. Dans ses réquisitions, le procureur a estimé que chacune des prévenues est coupable de complicité d’excision, mais demande de leur accorder un sursis de la peine qui sera prononcée. Il a requis 12 mois de prison et une amende de 500 000 F CFA, le tout avec sursis. Le tribunal a suivi le parquet dans ses réquisitions. Il les a condamnées à 12 mois de prison et une amende de 500 000 F CFA, le tout avec sursis. Après le verdict, le juge a rappelé aux femmes que l’excision est interdite au Burkina et que tout auteur ou complice peut être puni d’une peine d’emprisonnement de 1 an à 10 ans.

Ben Alassane DAO