Présidentielle ivoirienne, Alassane Ouattara à hauteur de 94% des voix !

Les résultats de la présidentielle en Côte d’ivoire sont là. Taux de participation : 54% ; candidat élu ou réélu : Alassane Ouattara avec 94,27 %. Les autres candidats sont loin avec moins de deux pour cent chacun des suffrages exprimés. Même s’ils proviennent de la Commission électorale indépendante (CEI), donc provisoires, il est à noter qu’Alassane Ouattara a été réélu. Pour un troisième mandat de cinq ans. Un mandat qui débute dans une situation bien incertaine.

L’opposition politique ivoirienne est restée logique avec elle-même. Ayant boycotté le scrutin, elle a immédiatement créé un Conseil national de la transition (CNT) et compte mettre en place dans les jours à venir (si ce n’est déjà fait) un gouvernement d’union nationale dont la mission sera d’organiser des élections inclusives et transparentes à l’effet de réconcilier les Ivoiriens.

Face à cette décision, le pouvoir est vite passé à la mise en garde. C’est ainsi qu’en plus des coups de feu qui ont été entendus autour des domiciles de principaux leaders de l’opposition, le porte-parole du gouvernement ivoirien estime que c’est de la provocation car pour lui, la création d’un Conseil national de la transition viole la constitution ivoirienne. D’autant plus qu’il n’y a pas de vacance de poste. Par conséquent, les opposants devront répondre de leurs actes devant la loi. Plus dur, le secrétaire exécutif du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti d’Alassane Ouattara) demande au gouvernement de prendre ses responsabilités.

Quant à la communauté internationale, les observateurs des élections, ils sont aussi divisés sur la situation en Côte d’Ivoire que les acteurs politiques. Ce qui la rend en même temps plus complexe et les solutions à trouver difficiles. Comme on dit là-bas, on ne sait plus si c’est sauce graine ou sauce arachide ; si c’est placari ou garba. Tellement tout est gnagami.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la situation est bien trouble. Et elle le sera davantage tant que les protagonistes vont continuer de camper sur leurs positions. Alors qu’il faut que quelqu’un fasse le premier pas. Malheureusement, les exigences de l’opposition sont telles que le pouvoir, même pris à la gorge, ne peut les satisfaire. Si l’on s’en tient seulement à la réorganisation d’élections inclusives et transparentes, Alassane Ouattara ne peut accepter cela. L’opposition, ne le reconnaissant plus comme président de la République, va-t-elle accepter rentrer dans un gouvernement d’union nationale ? Ce qui n’est pas sûr alors que cela pourrait constituer une porte de sortie.

Alors qu’on n’a pas fini avec la Guinée dont la situation est toujours très préoccupante avec le retour de l’opposition dans les rues, voilà que la Côte d’Ivoire vient s’ajouter. Avec un cas plus grave et plus urgent. L’Union africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui n’ont pratiquement rien fait pour prévenir tout cela, auront encore des sommets à tenir. Alors que les chefs d’Etats qui les composent sont eux-mêmes divisés. L’incertitude se poursuit.

Dabaoué Audrianne KANI

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