Proportion de l’égalité des sexes dans l’éducation au Burkina Faso: FAWE et LARTES-IFAN apportent leur soutien aux autorités éducatives

Malgré les efforts du gouvernement du Burkina Faso pour la promotion du genre dans l’éducation, les inégalités entre les sexes persistent encore. Si la parité est atteinte au primaire, les inégalités demeurent encore dans l’enseignement secondaire en dépit de toutes les actions menées. Dans le but de contribuer à la recherche de solutions durables pour le maintien et la réussite des filles à l’école au Burkina Faso, le consortium formé par le Forum des Educatrices Africaines (FAWE) et le Laboratoire de Recherche sur les Transformations Économiques et Sociales (LARTES-IFAN), avec l’appui technique et financier du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) et le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), a lancé en 2021 le projet intitulé « Améliorer les connaissances sur les normes de genre et mieux comprendre les résistances au changement en vue de promouvoir l’égalité des sexes dans et par l’éducation » au Burkina Faso, en RDC, à Sao Tome et Principe et au Tchad.

L’objectif principal du projet « Améliorer les connaissances sur les normes de genre et mieux comprendre les résistances au changement en vue de promouvoir l’égalité des sexes dans et par l’éducation » est de produire et de mobiliser des connaissances sur l’interaction entre les normes de genre et la conduite d’un changement efficace par le biais d’un environnement adéquat, de politiques et de renforcement des capacités qui permettent aux filles d’aller à l’école, d’y rester et de réussir. Ses objectifs spécifiques sont : produire des connaissances pour mieux comprendre les problématiques du système éducatif et développer des outils pour atteindre des objectifs de changement, améliorer les connaissances des parties prenantes sur les dynamiques de changement et de pouvoir dans l’éducation et capitaliser et diffuser les connaissances sur les normes de genre et les innovations sur le genre dans l’éducation. Les principales stratégies utilisées par le consortium dans la mise en œuvre du projet sont essentiellement la recherche (diagnostic et recherche-action), le renforcement des capacités des parties prenantes et l’expérimentation de l’approche TUSEME qui est un modèle du FAWE visant l’autonomisation des jeunes et notamment les filles. Le public cible du projet est composé des acteurs scolaires (enseignant.e.s, de chef.fe.s d’établissements, responsables de la vie scolaire, comités de gestion d’établissement, associations de parents d’élèves et les élèves notamment les filles), des acteurs institutionnels (directeurs/directrices, inspecteurs/inspectrices de l’éducation, planificateurs, gestionnaires de programmes, conseillers/conseillères pédagogiques) et de la société civile (partenaires techniques et financiers, ONG et associations).
Les statistiques de l’éducation des filles au Burkina Faso
La parité des taux brut de scolarisation (Filles/garçons) est de 1,02 au primaire contre 0,90 au secondaire en 2021-2022. Le taux d’achèvement est de 17,1 % chez les filles contre 21,1 % chez les garçons en 2021-2022. Également, les femmes sont aussi sous représentées dans le corps enseignant, particulièrement au secondaire : la proportion des femmes enseignantes est de 49,0 % au primaire et 22 % au secondaire en 2021-2022 (DGESS/MENAPLN, 2022).
Selon les études réalisées par FAWE Burkina, le manque de moyens est cité par les parents (30,2% des hommes et 16,2% des femmes) parmi les principales barrières à l’accès et au maintien des filles à l’école. Or, en cas de difficulté financière, la scolarisation des filles est généralement reléguée au second plan au profit de celle des garçons. Cet état de fait résulte généralement des perceptions déformantes du fait de la persistance des normes sociales de genre défavorables à l’éducation des filles. Selon ces perceptions, les filles doivent s’occuper des travaux domestiques et se préparer à être plus tard de bonnes épouses. Le rôle dévolu à la femme en tant qu’épouse dans de nombreuses communautés fait que certains parents sont réticents à inscrire leurs filles à l’école. Pour eux, l’école contribue à la dégradation des valeurs socioculturelles car, les « filles scolarisées seront insoumises ». Certains parents préfèrent donc inscrire leurs filles dans les écoles coraniques.
La mise en œuvre du projet en milieu scolaire
Au Burkina Faso, huit (08) établissements scolaires des régions du Centre et du Centre-Sud ont bénéficié des activités du projet. Il s’agit du lycée Nelson Mandela, du Lycée Professionnel Régional du Centre (LPRC), du lycée Mixte de Gounghin, du lycée Marien N’Gouabi, du lycée Technique National El Hadj Aboubacar Sangoulé LAMIZANA (Ex-LTO), du lycée municipal Paspanga, du lycée provincial Naaba Baongo et du lycée départemental de Guiba. Plusieurs activités ont été réalisées au niveau national et dans les régions ciblées ayant permis l’atteinte des résultats énormes en matière de promotion de l’égalité des sexes dans l’éducation et de l’amélioration des performances scolaires des filles dans les huit (08) établissements scolaires bénéficiaires ci-dessus cités. Il s’agit principalement de la réalisation d’un diagnostic participatif ayant permis de renseigner un outil de visualisation de l’égalité de genre dans l’éducation, de la conduite d’une recherche-action sur les dynamiques de pouvoir et les résistances au changement, de la formation de 119 acteurs scolaires des établissements scolaires bénéficiaires (dont 67 élèves, soit 49 filles et 18 garçons) sur l’approche TUSEME, de la capacitation des acteurs sur le leadership transformateur pour l’égalité des genres en éducation, de la mise en place de huit (08) clubs TUSEME dans les huit (08) établissements scolaires bénéficiaires, de l’appui technique, financier (subventions) et matériel (fournitures et manuels scolaires) aux huit (08) clubs TUSEME pour la mise en œuvre de leurs plans d’action.
Les rapports des études de suivi-évaluation commanditées par le consortium montrent des changements de comportement du public cible liés à l’intervention du projet. Il s’agit notamment du renforcement du leadership féminin des élèves, de la participation effective des filles aux activités pédagogiques dans les huit (08) établissements scolaires bénéficiaires de la promotion de la masculinité positive au sein desdits établissements scolaires et de la prise de conscience de l’importance de l’éducation des filles par les leaders d’opinion et les parents dans les localités d’intervention.
Mise en place d’un fonds national pour la promotion de l’éducation des filles
Selon le rapport pays (version finale) de l’étude réalisée dans le cadre du projet (janvier 2024), près du tiers des parents d’élèves enquêtés (36,5% des femmes et 24,3% des hommes) considèrent que les mariages et les grossesses précoces figurent parmi les principales barrières socioculturelles entravant le maintien des filles à l’école. Les normes sociales non favorables à la scolarisation de la jeune fille sont encore persistantes au Burkina Faso. A cet effet, les chercheurs du projet «Améliorer les connaissances sur les normes de genre et mieux comprendre les résistances au changement en vue de promouvoir l’égalité des sexes dans et par l’éducation » au Burkina Faso, en RDC, à Sao Tome et Principe et au Tchad recommandent, entre autres, la mise en place d’un fonds national pour la promotion de l’éducation des filles, la mise en place un système de mentoring des filles scolarisées par des femmes modèles, le renforcement des activités de formation et de sensibilisation des acteurs éducatifs, la sensibilisation des parents et des leaders communautaires sur les conséquences du mariage d’enfants et des travaux domestiques sur la scolarisation, la santé sexuelle reproductive en renforçant les capacités de prise en charge de la sexualité des jeunes filles, le renforcement des activités de promotion du leadership féminin en milieu scolaire et d’autonomisation des filles à travers la mise en place des clubs de filles, les appuis scolaires aux filles très résilientes et issues de famille très démunie (par exemple, les filles déplacées internes, les filles orphelines, handicapées ou indigentes) et la mise en place des dispositifs GHM dans les établissements scolaires.

Firmin OUATTARA

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