Quartier Kôkô de Bobo : Ces étudiants qui donnent une seconde vie aux déchets plastiques

Le jeudi 30 septembre 2021, nous sommes allés à la découverte d’une constellation de jeunes évoluant dans l’entrepreneuriat depuis octobre 2019 à Bobo-Dioulasso. Leur activité consiste à collecter des pneus, barriques et plastiques pour en faire des meubles tout en valorisant le pagne local Kôkô Dunda. Leur objectif est de recycler et réutiliser les déchets pour une protection de l’environnement.

Aujourd’hui, le constat est que tout le monde ne peut pas se faire une place dans la Fonction publique. Vu le nombre élevé d’étudiants qui est en inadéquation avec le nombre de place à pourvoir. Ainsi vient la nécessité d’entreprendre. Dans cette dynamique, quatre jeunes garçons âgés de 22 à 28 ans, ont décidé de fédérer leurs forces afin d’entreprendre. Nous sommes allés à leur rencontre pour nous imprégner de leurs conditions de travail, à Kôkô secteur 4 de Bobo-Dioulasso.

L’équipe de jeunes entrepreneurs en question fait preuve d’ingéniosité à travers la transformation des déchets plus précisément des pneus, des barriques et du plastique pour en faire des objets d’arts tels que les meubles, sièges pour maison, restaurants, espaces de loisir, salles d’attente. Etudiant en statistiques à l’Université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso, par ailleurs porte-parole de l’équipe, Abdoul-Razack Konaté dit s’être engagé dans l’entrepreneuriat en octobre 2019.

« Ce sont des pneus, des barriques, du bois que nous utilisons pour faire des tables, des sièges. En ce qui concerne les pneus nous les collectons auprès des familles, dans les concessions et chez les vulcanisateurs qui nous vendent à 100 F CFA. Quant aux barriques, nous les achetons au marché à raison de 14 000 F CFA l’unité et elles sont destinés à la fabrication des étagères », à en croire notre étudiant entrepreneur.

Des dessins sur les pneus à la peinture en passant par le choix de tissu de Kôkô Dunda, chacun à un rôle spécifique dans la confection de ces objets d’arts.

Selon Abdoul-Razack Konaté, l’idée est venue après avoir participé à de nombreuses conférences sur l’environnement, à savoir l’utilisation rationnelle des objets usés en vue de les transformer en objets utilitaires. « Notre devise, c’est de recycler, réutiliser ces objets et leur donner une nouvelle forme pour une protection de l’environnement ». Abdoul-Razack Konaté dit avoir appris le métier de tapissier avec son père dès le bas âge, avant de poursuivre avec son cousin qui aurait 10 ans d’expérience dans le domaine. « C’est avec le Fonds National de l’Education et de la Recherche (FONER) que j’ai mis en place mon projet dans un esprit pragmatique » a-t-il laissé entendre.

Difficultés et ambitions

Comme tout travail, les difficultés ne manquent pas. Pour Abdoul-Razack, l’activité connait de nombreux problèmes dont essentiellement matériels, le manque de visibilité et la non valorisation des produits locaux. « On n’a pas le matériel adéquat pour travailler dans des conditions plus optimales. Ce sont les matériels de soudures, notamment les meules, les boites à soudures, les compresseurs pour la peinture et bien d’autres qui nous manquent. Le marché local est également moins attractif, les gens n’accordent pas de la valeur à nos produits. Toute chose qui ralentit le marché ». Nonobstant ces difficultés, Abdoul-Razack et son équipe ne baissent pas les bras. Ils disent être en mesure de satisfaire leurs besoins, même si l’activité reste toujours à un stade embryonnaire.

Il a par ailleurs exhorté le gouvernement à toucher directement les jeunes entrepreneurs par les subventions, qu’elles soient matérielles ou financières, à adopter un statut particulier pour les étudiants entrepreneurs afin qu’ils puissent allier études et entrepreneuriat et les aider à la formalisation de leurs entreprises. Selon Abdoul-Razack Konaté, les étudiants ne doivent pas tout attendre du gouvernement, mais de comprendre que l’on peut entreprendre à partir de 00F CFA.

Casimir Seyram KAVEGUE

Amidou TRAORE/Stagiaire

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